Publié le 23 février 2026. L’utilisation excessive du téléphone portable avant de dormir est de plus en plus pointée du doigt, non pas à cause des ondes émises, mais en raison de son impact sur la qualité du sommeil et la production de mélatonine.
Garder son téléphone à portée de main la nuit est devenu une habitude courante, mais les études scientifiques révèlent que cette pratique peut affecter négativement le sommeil. Une méta-analyse impliquant plus de 36 000 participants a démontré que l’utilisation intensive d’un smartphone augmente de 228 % le risque de souffrir d’un mauvais sommeil.
La principale cause de ce trouble n’est pas liée aux rayonnements, mais à l’exposition à la lumière bleue émise par les écrans LED. Cette lumière retarde la libération de mélatonine, l’hormone du sommeil, et fragmente le cycle naturel du repos. De plus, l’activité cérébrale stimulée par la consultation de messages ou de réseaux sociaux maintient l’organisme en état d’éveil, rendant l’endormissement plus difficile.
Des recherches menées auprès d’étudiants en médecine ont confirmé que ceux qui utilisent leur téléphone portable la nuit ont tendance à moins bien récupérer pendant leur sommeil. Bien que les inquiétudes concernant les radiations des téléphones portables soient fréquentes, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’Agence de réglementation des rayonnements non ionisants en Australie (ARPANSA) insistent sur l’absence de preuves concluantes de dommages causés par les champs électromagnétiques de faible intensité.
Cependant, des études récentes explorent les effets non thermiques possibles d’une exposition prolongée, notamment chez les personnes sensibles. Une étude portant sur des babyphones émettant à des fréquences similaires au Wi-Fi et au Bluetooth a révélé que les personnes exposées signalaient une moins bonne qualité de sommeil et des modifications de la variabilité de la fréquence cardiaque. D’autres recherches sur les ondes 5G (3,6 GHz) ont montré que l’exposition pouvait perturber les fuseaux de sommeil en phase N2, mais uniquement chez les personnes présentant certaines variantes génétiques du gène CACNA1C.
Pour atténuer ces effets négatifs, les scientifiques recommandent de maintenir une distance d’au moins un mètre entre le téléphone portable et le lit. L’intensité du rayonnement diminue considérablement avec la distance, ce qui rend l’utilisation du téléphone sous l’oreiller particulièrement déconseillée. Il est également conseillé d’activer le mode avion ou d’instaurer une « heure sacrée » sans écran avant de se coucher, comme le préconise la Société espagnole de neurologie.
Réduire l’utilisation du téléphone portable durant la nuit commence par l’adoption d’habitudes simples et efficaces. Fixer une heure limite pour arrêter d’utiliser l’appareil, idéalement une heure avant le coucher, et activer le mode « Ne pas déranger » ou « Veille » pour désactiver les notifications et les appels, sont des mesures utiles. Déplacer le téléphone hors de portée du lit, dans une autre pièce par exemple, permet également de limiter la tentation de le consulter avant de s’endormir.
Il est également recommandé de remplacer le temps passé devant un écran par des activités relaxantes favorisant le repos, telles que la lecture, des exercices de respiration ou l’écoute de musique douce. Réduire l’exposition à la lumière bleue en utilisant des filtres ou en ajustant la luminosité de l’appareil peut également contribuer à ne pas perturber le cycle naturel du sommeil.