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Odenkirk’s Fargo-Style ‘Normal’ Goes Full Tarantino

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Bob Odenkirk incarne Ulysses, un shérif intérimaire dans la ville de Normal, au Minnesota, dans le nouveau film de Ben Wheatley. Si le long-métrage s’ouvre comme une étude de personnage subtile et intrigante, il bascule brutalement vers un chaos ultra-violent qui en fragilise la cohérence.

Le récit s’installe avec précision : Ulysses est un homme brisé, cherchant refuge dans l’anonymat d’un poste temporaire. Pour lui, cette mission de maintien de l’ordre à bas bruit est le remède idéal pour panser ses blessures personnelles. Cependant, son instinct de policier reprend vite le dessus lorsqu’il remarque des comportements suspects chez les habitants. Même la proposition du maire, joué par Henry Winkler, de transformer son intérim en poste permanent, semble masquer un agenda plus trouble.

Cette première partie du film est une réussite, comblant un vide souvent ressenti dans le cinéma actuel. Le spectateur y trouve :

  • Un protagoniste complexe et attachant ;
  • Des dialogues riches et organiques ;
  • Un souci du détail qui donne vie à cette petite ville (à l’image de moustaches mémorables) ;
  • Un mystère capable de maintenir une tension constante.

Pourtant, cet équilibre vole en éclats dès que les premières balles sifflent. Le film opère alors un virage radical, délaissant tout le travail de caractérisation initial pour plonger dans une violence exacerbée, évoquant un mélange entre Fargo et Straw Dogs sous stéroïdes.

Ce basculement pose problème, non seulement dans la narration mais aussi dans l’éthique du récit. La boussole morale du film devient vacillante : des braqueurs de banque sont soudainement présentés comme des héros, tandis que des dialogues paresseux s’appuient sur une rhétorique simpliste concernant l’envie de classe et la malveillance des institutions bancaires. Les rôles de « gentils » et de « méchants » s’inversent sans logique apparente.

L’utilisation du casting pâtit également de ce choix scénaristique. Si Jess McLeod apporte une nuance intéressante dans son rôle de personnage non-binaire — traité avec une sobriété bienvenue, loin des leçons moralisatrices — le film néglige d’explorer davantage ce personnage dans sa seconde moitié. Il en va de même pour Lena Headey, dont la présence est forte au début avant d’être largement ignorée.

L’ultra-violence, bien que ponctuée de quelques moments d’humour et de mises en scène efficaces, finit par paraître chaotique et peu inspirante dans un paysage cinématographique post-John Wick. Le film échoue là où des œuvres comme From Dusk Till Dawn réussissent : à faire cohabiter deux genres différents au sein d’une même unité narrative.

Le seul véritable pilier de l’œuvre reste Bob Odenkirk. L’acteur est poignant dans le rôle d’Ulysses, capturant avec une efficacité brutale la douleur et la résilience d’un homme écrasé par la tragédie. Sa performance donne au film une profondeur humaine que le scénario finit par saboter.

En résumé, Normal est un exercice fascinant qui s’effondre sous le poids de ses propres ambitions sensationnalistes. Le film s’efforce de bâtir un univers riche et secret, mais c’est précisément la révélation de ce secret qui cause sa perte.

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