Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des accusations de harcèlement sexuel graves pèsent sur un ancien responsable d’un hôtel de luxe, révélant un climat toxique au sein de son équipe et un manque de réaction des ressources humaines face aux plaintes d’une apprentie.
- Un responsable d’hôtel a créé un groupe WhatsApp à caractère sexiste et offensant.
- Une apprentie accuse ce responsable de harcèlement sexuel répété, incluant des avances nocturnes et des comportements dégradants.
- Malgré un signalement aux ressources humaines, aucune sanction immédiate n’a été prise à l’encontre du responsable.
Des allégations troublantes émergent concernant le comportement d’un ancien cadre d’un hôtel de luxe. L’homme, identifié par la lettre E., aurait instauré un environnement de travail hostile, caractérisé par des remarques et des actes à connotation sexuelle. Selon des captures d’écran obtenues par le média d’investigation DOSSIER, E. a créé un groupe WhatsApp pour son équipe, qu’il a baptisé de manière vulgaire : « A la cons ». La photo de profil de ce groupe affichait un selfie d’une employée posant devant une image explicite.
Une ancienne apprentie, que nous appellerons Lisa pour protéger son identité, a porté plainte pour harcèlement sexuel. Elle accuse E. de l’avoir harcelée pendant plusieurs mois. Selon le procès-verbal des ressources humaines, le harcèlement prenait diverses formes.
« ‘Villa E.’ est prêt à baiser, il sculpte des pénis de concombre, fait des rues de crème comme sous-entendu », indique le rapport. Avec « Villa E. » il fait allusion à sa salle du personnel.
DOSSIER (rapport)
Les accusations sont précises et choquantes. Lisa affirme qu’E. l’a harcelée à plusieurs reprises et qu’il s’est même présenté à sa porte en pleine nuit, alors qu’elle était en état d’ébriété. Dans un autre incident, E. se serait déshabillé devant elle. Il aurait également demandé à un autre apprenti de questionner Lisa sur la taille de sa poitrine.
Le harcèlement ne s’est pas limité aux heures de travail. Lisa et E. partageaient les chambres du personnel de l’hôtel, ce qui a prolongé l’atmosphère pesante. DOSSIER a également obtenu une capture d’écran d’une conversation Instagram entre les deux, datée de 2h08 du matin. E. y demandait à Lisa de le rejoindre dans sa chambre :
« Tu viens maintenant ou quoi ? »
E. (conversation Instagram)
Lisa a répondu en indiquant l’endroit où elle se trouvait, mais n’a pas donné suite à l’invitation. E. a finalement écrit : « D’accord, bonne nuit ».
Le comportement d’E. a eu un impact significatif sur la santé mentale de Lisa. Le procès-verbal des ressources humaines révèle qu’elle souffre d’insomnie et ne se sent pas en sécurité dans sa chambre. Elle aurait demandé des sanctions contre E., mais, selon les informations disponibles, aucune mesure disciplinaire n’a été prise dans l’immédiat. Accablée, Lisa a finalement quitté son emploi peu de temps après cet échange.