Publié le 2025-10-29 01:46:00. Le rappeur Drake et le streamer Adin Ross sont visés par un recours collectif au Missouri, aux côtés de la société Stake.us, pour avoir prétendument orchestré une campagne marketing frauduleuse autour de ce « casino social » en ligne, contournant ainsi les lois de l’État sur les jeux d’argent.
- Le plaignant allègue que Stake.us dissimule des activités de jeu illégales sous couvert de « casino social » pour échapper à la réglementation.
- Drake et Ross sont accusés d’avoir activement promu la plateforme auprès d’un public jeune, en utilisant des démonstrations de gains fictifs.
- Cette affaire s’inscrit dans un contexte de surveillance accrue des plateformes de jeu en ligne utilisant des systèmes de double monnaie virtuelle.
Un recours collectif a été déposé dans le Missouri contre le rappeur Drake, le populaire streamer Adin Ross, et Sweepsteaks Limited, l’entreprise derrière le casino en ligne Stake.us. L’action en justice reproche à la plateforme de violer les lois de l’État relatives aux jeux de hasard, tout en accusant Drake et Ross de pratiques marketing « profondément frauduleuses » pour le compte de l’entreprise.
Le plaignant, Justin Killham, affirme avoir subi des pertes financières sur Stake.us en raison de ce qu’il qualifie de « pratiques commerciales illicites ». Selon la plainte, Stake.us se présenterait comme un « casino social » proposant des jeux sans argent réel, une façade destinée à contourner les interdictions strictes des jeux d’argent en ligne dans l’État.
Fondée en 2017 par les milliardaires Ed Craven et Bijan Tehrani, la société Stake exploite le site de jeu en ligne Stake.com et sa déclinaison américaine, Stake.us. Cette dernière se définit comme un « casino social » où les utilisateurs jouent avec des pièces numériques. La procédure judiciaire met en lumière le système de « double monnaie » de Stake.us : les utilisateurs achètent des « pièces d’or » sans valeur intrinsèque, recevant en bonus du « Stake Cash ». Ce dernier peut être utilisé pour jouer, puis converti en cryptomonnaie, ce que la plainte qualifie de « véhicule manifeste pour le jeu d’argent réel ».
Drake et Ross, tous deux partenaires de Stake, sont spécifiquement visés pour avoir, selon les accusations, ciblé les adolescents par leur marketing. La plainte suggère qu’ils jouaient avec de l’argent fourni par Stake, rendant leurs éventuelles pertes médiatisées sur les réseaux sociaux partie intégrante d’une « tactique marketing conçue pour attirer l’attention ».
Avec 142 millions d’abonnés sur Instagram, Drake a récemment publié plusieurs messages promotionnels pour Stake, dont une vidéo affirmant montrer un solde d’un million de dollars sur son compte. Forbes a contacté Stake, ainsi que les représentants de Drake et Ross, pour obtenir leurs commentaires.
Le modèle économique basé sur le « double système de devises » utilisé par certains casinos en ligne aux États-Unis, à l’image de Stake.us, fait l’objet d’une attention accrue. Récemment, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a promulgué une loi interdisant les casinos proposant des jeux de loterie en ligne qui utilisent ce modèle, rendant également illéges les jeux en ligne simulant des jeux de hasard et offrant la possibilité de gagner des prix en argent ou équivalents.
En août, la procureure de la ville de Los Angeles, Hydee Feldstein Soto, avait déjà intenté un procès similaire contre Stake.us. Elle accusait la plateforme d’être une « copie conforme de Stake.com », reprenant la même mise en page, les mêmes jeux et interfaces, tout en se présentant comme un casino social afin de contourner la législation. La plainte soulignait que la plateforme permettait d’échanger de l’argent réel contre des jetons virtuels, de jouer avec ces jetons, puis de reconvertir les gains en espèces, ressemblant ainsi à un jeu d’argent réel.
Stake avait déjà suscité l’attention plus tôt cette année suite à une campagne publicitaire ambiguë sur la plateforme X (anciennement Twitter), impliquant des mèmes et du contenu intégrant un discret logo Stake. Il n’a pas été clairement établi si Stake était à l’origine de ces publications ou si des créateurs tiers avaient été rémunérés pour intégrer le logo. En réaction à l’une de ces publications virales, la Commission des jeux de hasard du Royaume-Uni avait lancé une enquête, conduisant à la fermeture de la plateforme Stake dans le pays en février dernier, via la société TGP Europe Limited, partenaire de Stake au Royaume-Uni.
Ed Craven et Bijan Tehrani, fondateurs de Stake, sont estimés chacun à 2,8 milliards de dollars, selon Forbes. Stake.com aurait généré 4,7 milliards de dollars de revenus en 2024. Les deux hommes sont également à l’origine de Kick, une plateforme de diffusion en direct lancée en concurrence avec Twitch.