Home Divertissement Edymar Acevedo, professeur de « Dance Fever » : « Notre pays est blessé, il saigne » | Télévision et spectacle

Edymar Acevedo, professeur de « Dance Fever » : « Notre pays est blessé, il saigne » | Télévision et spectacle

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Publié le 2025-11-01 15:00:00. Edymar Acevedo, figure reconnue de la danse chilienne, a fait ses premiers pas à la télévision en rejoignant le jury de « La fièvre de la danse » sur Chilevisión (CHV). L’émission lui a offert une nouvelle scène pour partager son expérience et sa vision sur la culture et la société chilienne.

  • Edymar Acevedo, première danseuse du Ballet de Santiago durant 30 ans, est désormais jury dans « La fièvre de la danse » sur CHV.
  • Elle déplore le manque de visibilité des arts au Chili et appelle à une plus grande intégration de la culture dans l’éducation.
  • L’artiste exprime sa préoccupation face à la violence et aux divisions sociales, appelant à des actions concrètes plutôt qu’à de simples discours politiques.

A 50 ans, Edymar Acevedo, dont la carrière s’étend sur un demi-siècle, a accepté le défi de participer à « La fièvre de la danse ». Cette nouvelle aventure télévisuelle marque un tournant pour celle qui a consacré sa vie à la scène. Depuis ses débuts à l’âge de six ans à Tomé, dans la région du Bío-Bío, jusqu’à sa consécration comme première danseuse du Ballet de Santiago, son parcours est jalonné de succès, couronné par sept années consécutives au Tableau d’honneur du Théâtre Municipal.

Après trois décennies au sein de la prestigieuse institution, elle a endossé le rôle de chorégraphe avant de se consacrer à la transmission de son savoir. À 39 ans, elle a pris sa retraite de danseuse pour devenir professeure à l’École de Ballet du Théâtre Municipal, formant ainsi les nouvelles générations. Aujourd’hui, c’est sur le petit écran qu’elle évolue, apportant son expertise à l’émission « La fièvre de la danse ».

Dans une interview accordée à BioBioChile, Edymar Acevedo a partagé son expérience télévisuelle, soulignant le rythme effréné des productions, bien différent de la rigueur et de la préparation minutieuse d’un ballet classique. « Tout va vite, pour hier. Vite, les costumes, le son, les notes, tout va vite », confie-t-elle. Cependant, cette immersion dans un univers plus rapide la pousse hors de sa zone de confort : « J’aime ça parce que ça m’a fait sortir de ma zone de confort, qui était plus structurée. »

L’artiste regrette le manque de reconnaissance du Ballet de Santiago, qu’elle considère comme le « meilleur ballet d’Amérique du Sud ». Elle s’étonne que de nombreux artistes talentueux restent dans l’ombre, tandis que quelques jours passés à la télévision suffisent à construire une notoriété. « D’une certaine manière, je représente tous ces danseurs et danseuses », affirme-t-elle, souhaitant rendre visible le travail de ceux qui ont marqué ou marqueront l’histoire de la danse chilienne.

Pour Edymar Acevedo, devenir jury était un rêve : « C’était aussi mon rêve d’être membre du jury, je dois vous l’avouer. » Elle aborde également les relations au sein du jury, démentant les rumeurs de tensions : « Je suis parfois impressionnée par la façon dont ils inventent les choses. Ça me fait rire parce qu’on se dispute, je ne sais quoi, on s’entend mal, c’est faux. » Elle assume son rôle de professionnelle, refusant de se prêter à des mises en scène qui ne correspondent pas à ses valeurs.

Concernant les critiques sur le manque de détails techniques dans les évaluations, Edymar Acevedo explique la différence entre le monde du ballet et celui de la télévision. Dans la danse classique, les corrections sont quotidiennes et précises, travaillées devant un miroir pour atteindre la perfection. À la télévision, elle doit adapter son langage pour être comprise du public et des participants. « Tout le monde a déjà beaucoup d’audace, beaucoup de technique, beaucoup de progrès à la télévision et j’apprends », reconnaît-elle, tout en soulignant son désir d’exiger et de corriger, même si cela se fait désormais à distance. Elle apprécie les critiques constructives, les considérant comme un moteur d’apprentissage : « Pourquoi venons-nous à cette vie si ce n’est pour apprendre ? »

Face au constat d’un « manque retentissant » de culture au Chili, Edymar Acevedo milite pour une intégration plus forte des arts à l’école. Elle rêve d’un enseignement obligatoire incluant musique, chant, danse et autres disciplines artistiques, estimant que cela « donne de la vie ». Elle déplore que les enfants ne soient pas suffisamment encouragés dans leurs talents artistiques, alors que l’art offre une forme de « guérison », tant psychologique que physique, et permet de réduire le stress, particulièrement prégnant chez les jeunes d’aujourd’hui.

Elle salue la mémoire de l’acteur Héctor Noguera, décédé récemment, admirant sa détermination à exercer sa passion jusqu’au bout. « Je veux, oui, je veux absolument mourir selon ma loi », déclare-t-elle, aspirant à suivre le même chemin.

La récente actualité chilienne, marquée par la mort tragique de Krishna Aguilera et Esteban Hermosilla, touche profondément Edymar Acevedo. Elle exprime sa douleur face à ces pertes injustes et estime que le pays est « blessé », « saignant », et aurait besoin d’une « figure maternelle et paternelle au niveau spirituel » pour surmonter ses divisions. « J’ai l’impression que parfois nous ne parlons pas, nous nous disputons et j’ai l’impression que nous ne sommes pas capables d’écouter », constate-t-elle. Elle appelle à plus d’actions concrètes de la part des responsables politiques : « Je veux voir des actions parce que je ne vais pas voter pour une photo, je veux voter pour quelqu’un qui, je le sais, va dire qu’il va élever un pays et l’unir. » Elle dénonce un sentiment d’abandon et de division, appelant à « Moins de bla bla, moins de promesses et plus d’action. »

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