La bourse russe s’enfonce dans le rouge, plombée par de nouvelles sanctions américaines visant le secteur énergétique. Lundi, les indices ont une nouvelle fois chuté, alimentant les craintes d’une crise financière majeure après que Donald Trump a durci sa politique à l’égard de Moscou.
La décision de la Maison Blanche, la semaine dernière, de cibler les deux plus grandes compagnies pétrolières russes, Rosneft et Loukoïl, a secoué les marchés. Leurs avoirs aux États-Unis ont été gelés, et les entreprises et particuliers américains se voient désormais interdits de toute transaction avec elles. De plus, Washington brandit la menace de sanctions secondaires à l’encontre des institutions financières étrangères qui continueraient de traiter avec ces entreprises russes. Ces mesures restrictives risquent de peser lourdement sur la capacité du Kremlin à financer son conflit en Ukraine, les revenus issus du pétrole et du gaz représentant jusqu’à un quart du budget national et constituant une source de liquidités essentielle pour l’effort de guerre.
L’impact de ces sanctions ne se fait pas attendre. Les principaux acheteurs de brut russe, la Chine et l’Inde, ont déjà suspendu leurs importations. Face à cette situation, le Kremlin aurait dépêché son émissaire économique, Kirill Dmitriev, dans une tentative désespérée d’obtenir l’annulation des mesures punitives auprès de l’administration Trump. Cependant, cet effort diplomatique semble avoir porté ses fruits, laissant présager de nouvelles turbulences pour l’économie russe.
Lundi après-midi, à 14h50 heure de Moscou, la bourse continuait de reculer, affichant une baisse de 3,2%. La semaine précédente avait déjà été marquée par une chute de 6,5%. Selon le banquier d’investissement Evgueni Kogan, cette déroute est principalement motivée par l’incertitude géopolitique. « Il n’y a aucune lumière au bout du tunnel », a-t-il constaté, ajoutant que « les ‘artisans de la paix’ n’ont rien accompli et la situation s’apparente à une impasse ».
Les actions de Loukoïl et Rosneft ont ouvert la voie à cette débâcle, les investisseurs paniqués cherchant à sauver leurs mises. Le titre Rosneft a cédé 5,6% pour s’établir à 368,4 roubles, son plus bas niveau depuis mars 2023. Loukoïl a perdu 6,5% après avoir déjà chuté de 12,2% la semaine dernière, son cours touchant brièvement les 5 242 roubles, un plus bas depuis juillet 2023. Depuis l’instauration des sanctions, les deux géants pétroliers ont vu leur capitalisation boursière combinée fondre de plus de 900 milliards de roubles (environ 8,5 milliards de livres sterling). Ensemble, ces deux entreprises assurent près de la moitié des exportations de pétrole brut de la Russie, selon les données de Bloomberg.