Publié le 2025-10-07 17:32:00. Alors que la scène politique péruvienne se prépare pour les prochaines élections législatives, les partis affinent leurs stratégies pour maximiser leurs chances. L’heure est à la recomposition des listes, où la confiance et la visibilité priment, tandis que le choix entre le Sénat et la Chambre des députés soulève de nouvelles questions tactiques.
- L’Alliance pour le Progrès (APP) mise sur des membres de confiance et ancre sa stratégie dans le nord du pays.
- Fuerza Popular et Podemos renforcent leurs listes avec des figures familières et parfois inattendues.
- Une tendance générale se dégage : l’attrait croissant pour la Chambre des députés au détriment du Sénat.
L’Alliance pour le Progrès (APP) illustre parfaitement cette mutation. Pour les élections à Lima en 2021, le parti avait ouvert ses premières places à des personnalités comme Gladys Echaíz et Roberto Chiabra, désormais issus de la formation. Pour la prochaine échéance, l’APP semble vouloir s’appuyer sur des fidèles, en nommant Luis Valdez et Jessica Tumi en tête de liste. Face à un paysage politique fragmenté, le parti d’Acuña entend consolider son assise électorale dans le nord du pays. Sa stratégie se réoriente avec la nomination d’Humberto Acuña au Sénat et de María Acuña à la Chambre des députés. César Acuña, le leader du parti, pourrait quant à lui briguer simultanément un siège au Sénat et la présidence.
Chez Fuerza Popular, la stratégie semble également se dessiner. Si plusieurs dirigeants s’accordent sur une candidature de Keiko Fujimori à la présidence, celle-ci ne se présenterait pas au Sénat. La chambre haute verra ainsi figurer des figures fortes du parti, telles que Miguel Torres ou Martha Moyano, aux côtés de nouveaux visages, à l’instar de l’ancien ministre José Arista.
Une dynamique similaire se retrouve au sein de Podemos. La famille Luna privilégie un cercle de confiance et des personnalités susceptibles de mobiliser l’électorat. À Lima, la liste des députés sera menée par l’ancien législateur Aron Espinoza, qui a déjà fait ses preuves sur le terrain et élargit sa présence dans plusieurs districts. Le Sénat sera, quant à lui, mené par le doyen de la famille, Luna Sr.
Une tendance commune à la plupart des formations politiques est l’intérêt croissant pour la Chambre des députés. Les sources interrogées expliquent ce phénomène par le désir d’éviter la « partie ingrate » du rôle de sénateur, qui impose parfois de devoir expliquer l’inefficacité de lois populaires. Ce critère semble s’appliquer également à Renovación Popular et Avanza País, où des parlementaires sortants renoncent au Sénat pour mener les listes des députés.
Les critères de sélection des candidats
Le politologue Enzo Elguera décrit la période actuelle comme celle d’une élection « fragmentée et atypique ». Il souligne que le succès des candidatures lors des législatives se jouera beaucoup sur les têtes de liste, les numéros 1 et 2. Les autres candidats devront redoubler d’efforts pour éduquer les électeurs et former des alliances stratégiques avec les personnalités les plus populaires.
Enzo Elguera a identifié trois principaux critères guidant la constitution des listes parlementaires : les « quotas de pouvoir », où la direction du parti impose ses choix ; la « visibilité politique », en sélectionnant des personnalités médiatiques ayant une fonction de porte-parole ; et enfin, la « popularité non politique ». Dans le cas d’Acción Popular, une compétition interne est signalée pour la constitution de la liste des députés, opposant l’ancien maire Jorge Quintana à une faction menée par les anciens législateurs Ricardo Burga et Luis Roel. Avanza País envisagerait la candidature d’Olenka Zimmerman ou de Génesis Tapia, tandis que Fuerza Popular serait en discussion avec d’anciens membres du groupe musical Torbellino.