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Enfants accros aux téléphones portables : des compétences parentales au lieu d’interdictions sur les réseaux sociaux

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Publié le 15 février 2026 13:01:00. L’utilisation des réseaux sociaux par les adolescents est en légère baisse, mais les experts s’inquiètent d’une consommation passive de contenus courts et potentiellement nocifs, ainsi que de l’essor des chatbots d’intelligence artificielle. Face à ce constat, plusieurs pays envisagent des mesures restrictives, notamment des interdictions d’accès aux mineurs.

  • Une étude autrichienne révèle une utilisation massive de WhatsApp, YouTube et Snapchat par les 11-17 ans, mais une diminution de l’engouement pour TikTok et Instagram.
  • L’Australie a instauré une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, suscitant des controverses et des questions juridiques.
  • Des experts soulignent l’importance de l’éducation numérique des parents et des enfants pour une utilisation responsable des technologies.

Une nouvelle enquête menée par l’initiative européenne Saferinternet.at auprès de 500 jeunes Autrichiens âgés de 11 à 17 ans confirme une forte présence des réseaux sociaux dans leur quotidien. WhatsApp domine largement le paysage avec 82 % d’utilisateurs, suivi de YouTube (76 %) et Snapchat (65 %). TikTok et Instagram, bien que populaires (64 % chacun), enregistrent un recul significatif par rapport à l’année précédente, avec des baisses allant jusqu’à 9 % pour TikTok et 8 % pour Instagram.

Au-delà de ces chiffres, l’étude met en lumière une tendance préoccupante : les adolescents semblent moins chercher activement des informations sur les réseaux sociaux, préférant défiler passivement pendant des heures à travers des vidéos courtes, souvent sans intérêt, voire mensongères ou véhiculant des discours de haine. Parallèlement, l’utilisation de chatbots basés sur l’intelligence artificielle est en augmentation.

Les conséquences de cette exposition prolongée aux écrans sont bien documentées : difficultés de concentration, troubles de l’attention, risques de dépression et, dans les cas les plus graves, développement de comportements addictifs. Face à l’urgence de la situation, plusieurs gouvernements commencent à réagir, mais les solutions proposées suscitent des débats.

L’Australie a pris les devants en interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans depuis mi-décembre 2025. Selon les médias, cette mesure a déjà conduit à la désactivation de 4,7 millions de comptes. Les méthodes employées pour vérifier l’âge des utilisateurs sont variées et controversées : vérification d’identité, selfies vidéo, procédures biométriques, ou encore inférence d’âge basée sur l’intelligence artificielle. L’efficacité de ces dispositifs et la possibilité de les contourner via des réseaux privés virtuels (VPN) restent à évaluer.

D’autres pays, dont le Danemark, l’Espagne, l’Allemagne et l’Autriche, envisagent de suivre l’exemple australien, mais sans avoir encore défini de plan technique précis. Cependant, la légalité de ces mesures est remise en question. Des opposants à l’interdiction en Australie préparent une action en justice, estimant qu’elle viole les droits fondamentaux.

Le professeur Nikolaus Forgo, expert en droit numérique à Vienne, partage cette opinion. Il souligne que plus la limite d’âge fixée pour l’interdiction est élevée, plus il est difficile de justifier sa proportionnalité. La vérification de l’âge pose également des problèmes importants. Si elle est assurée par l’État, via un système d’identification numérique comme ID Autriche, cela pourrait menacer la liberté d’expression et la vie privée, selon l’organisation de défense des droits fondamentaux Epicentre Works. À l’inverse, si elle est laissée aux plateformes, celles-ci pourraient abuser des données personnelles des utilisateurs.

De plus, la protection des mineurs sur le plan européen est déjà encadrée par la loi sur les services numériques, ce qui limite la marge de manœuvre des États membres pour adopter des réglementations nationales.

En Allemagne, plus de 46 % des enfants âgés de 7 à 12 ans possèdent un compte sur les réseaux sociaux, une situation vraisemblablement similaire en Autriche. Il est toutefois important de rappeler que les conditions d’utilisation des plateformes américaines interdisent l’ouverture de comptes aux moins de 13 ans. La loi sur la protection de la vie privée en ligne des enfants interdit également la collecte de données auprès des personnes de moins de 13 ans. En Autriche, cette limite est fixée à 14 ans en vertu du règlement général sur la protection des données.

La responsabilité parentale est au cœur du débat. Si des enfants de moins de 14 ans passent des heures à naviguer dans le monde potentiellement dangereux des réseaux sociaux avec leur smartphone, cela témoigne d’un manque de surveillance et d’encadrement de la part des parents. Les enfants ont une capacité juridique limitée et ne peuvent donc pas légalement acquérir un smartphone ou souscrire un contrat avec un fournisseur de services sans le consentement de leurs parents.

« Si vous offrez un smartphone à un enfant, vous mettez fin à l’enfance de votre progéniture. »

Tristan Horx, futurologue et spécialiste des tendances

La situation est d’autant plus préoccupante lorsque les parents n’ont pas les compétences numériques nécessaires pour installer des applications de contrôle parental, telles que Google Family Link, et laissent leurs enfants « seuls » avec leur smartphone.

Le nouveau ministre de l’Éducation, Christoph Wiederkehr, plaide pour l’introduction d’un nouveau thème, « Médias et démocratie », dans les programmes scolaires. Une initiative louable, mais le gouvernement fédéral devrait également sensibiliser les parents. Il pourrait envisager de rendre obligatoire la participation des tuteurs légaux des écoliers à des cours de compétences numériques, à moins de supprimer les allocations familiales.

En fin de compte, c’est aux parents de protéger leurs enfants des dangers liés à l’utilisation excessive des smartphones et de leur permettre de profiter pleinement de leur enfance, sans surveillance constante de l’État ou des entreprises technologiques.

www.oliverplischek.at

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