Publié le 20 février 2024 à 22h29. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a révélé que les États-Unis et la Russie exercent des pressions sur Kiev pour qu’elle organise des élections, alors que le Kremlin chercherait à le démettre de ses fonctions. Il a affirmé que l’organisation d’un scrutin est impossible dans les conditions actuelles du conflit.
Dans un entretien accordé à l’Agence France-Presse (France 24), Volodymyr Zelensky a dénoncé les pressions exercées par Washington et Moscou en faveur d’une élection présidentielle en Ukraine. Il a souligné que l’organisation d’un tel scrutin est inconcevable tant que la guerre avec la Russie se poursuit.
Selon le chef d’État ukrainien, la Russie a un objectif clair : le remplacer.
« Soyons honnêtes, les Russes veulent juste me remplacer. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Il a également indiqué qu’il n’avait pas encore pris de décision quant à sa participation à de futures élections.
Depuis le début de l’invasion russe à grande échelle, Zelensky a systématiquement rejeté l’idée d’organiser des élections, invoquant l’impossibilité de garantir un processus démocratique équitable. Des millions d’Ukrainiens ont été contraints de quitter le pays ou vivent désormais dans des territoires occupés, rendant la participation au vote extrêmement difficile. De plus, les bombardements russes constants sur les villes ukrainiennes représentent un obstacle majeur à la tenue d’un scrutin.
Zelensky a précisé que des élections ne pourraient être envisagées qu’avec des garanties de sécurité fiables de la part de ses alliés, afin de prévenir de nouvelles attaques russes pendant la période électorale. Il a rappelé que l’idée même de tenir des élections en temps de guerre émane de la Russie, qui cherche à déstabiliser l’Ukraine.
Le président ukrainien avait déjà exprimé son point de vue sur la manipulation du sujet des élections par la Russie, estimant que Moscou espère se débarrasser de lui plus facilement par ce biais. Il a toutefois ouvert la porte à un possible scrutin en cas de trêve d’au moins deux mois (OBOZ.UA).