La chanteuse italienne Simona Molinari s’apprête à enflammer la scène milanaise le 24 octobre au Studio Volvo, dans le cadre du festival Jazzmi. Connue pour sa voix distinctive et son parcours alliant jazz et pop, elle y présentera son « Kairos Tour », une exploration du temps de l’âme.
- Simona Molinari, artiste reconnue du jazz-pop italien, est en tournée avec le « Kairos Tour ».
- Elle se produira à Milan le 24 octobre au Studio Volvo, dans le cadre du festival Jazzmi.
- La tournée met l’accent sur le concept de « Kairos », le temps opportun et la musique comme véhicule des saisons de la vie.
Avec sept albums à son actif et deux Plaques Tenco (dont une en 2024 pour « À bientôt Mercedes »), Simona Molinari s’est imposée comme une figure majeure de la scène musicale italienne. Ses collaborations avec des artistes de renom tels qu’Al Jarreau, Peter Cincotti, Paolo Fresu et Andrea Bocelli témoignent de son rayonnement. L’artiste, qui s’est déjà produite sur des scènes internationales comme le Blue Note de New York et le Théâtre Estrada de Moscou, revient en Italie pour ce qui s’annonce comme une soirée introspective et vibrante.
Le « Kairos Tour » est plus qu’une simple série de concerts ; c’est un voyage à travers le « bon » temps, celui de l’intuition et de l’âme. Ce concept de « Kairos », le moment opportun, est au cœur de la philosophie de Molinari, qui voit en lui une invitation à vivre le présent avec conscience. Elle explique que ce temps de l’âme permet aux choses d’arriver quand elles le doivent, favorisant ainsi la croissance et l’évolution personnelles. La musique devient alors le miroir de ces moments précieux, qu’il s’agisse des saisons de la vie ou de l’amour. De la sensualité swing d' »Égocentrique » à la profondeur spirituelle de « À bientôt Mercedes », l’artiste navigue avec aisance entre jazz, pop et songwriting, transformant chaque note en une histoire.
Milan, ville qu’elle décrit comme « une ville qui sait écouter, curieuse, vivante, toujours prête à prendre de nouvelles directions », occupe une place particulière dans son parcours. Jouer à Jazzmi représente un privilège, une immersion dans un langage jazz partagé, libre et énergique. Molinari voit Milan comme un lieu où elle peut « renaître artistiquement » à chaque passage.
Son répertoire pour le « Kairos Tour » mêle ses propres compositions, comme « Égocentrique » et « Bonheur », à des hommages à des légendes telles qu’Ella Fitzgerald et Lucio Dalla. Le fil conducteur de ces juxtapositions, explique-t-elle, est l’émotion. La tradition n’est pas une relique figée, mais une matière vivante à réinventer. Une pièce, selon elle, n’appartient vraiment à un artiste que lorsqu’elle devient contemporaine.
L’album « À bientôt Mercedes » rend hommage à Mercedes Sosa, une voix emblématique. Molinari a été touchée par l’alliance d’art et de vérité chez Sosa, par sa capacité à transformer la douleur en espoir. Elle souhaitait, à travers cet album, retrouver cette profondeur humaine et ce courage d’exprimer ses ressentis, considérant la leçon de Sosa comme un « phare d’authenticité ».
Ces dernières années ont été marquées par une grande liberté créative pour Simona Molinari, récompensée par la Targa Tenco pour « Pétales ». Elle se sent plus alignée avec sa propre voix, explorant sa fragilité et sa liberté. Sur scène, elle ne vise plus la perfection, mais la présence, cherchant à « vivre intensément » chaque instant. La scène est pour elle un espace de vérité et de vie authentique.
Les collaborations ont jalonné son parcours. D’Al Jarreau, elle a appris la légèreté ; de Bungaro, l’importance du mot ; de Paolo Fresu, la puissance du silence. Pour Molinari, les collaborations sont avant tout des rencontres humaines, et le jazz lui-même est un dialogue qui, lorsqu’il est sincère, a le pouvoir de transformer.
Actuellement, Simona Molinari est dans une phase de synthèse, réaménageant son parcours. La réédition de ses premières œuvres, la mise en scène de « La femme est mobile » et l’interprétation de « Croyant » témoignent de sa volonté de croire encore et de se réinventer. Son nouveau temps est celui de la « liberté consciente », où chaque note porte le poids de l’essentiel, ouvrant ainsi de nouveaux horizons avec un enthousiasme renouvelé.