Publié le 2024-05-20 10:15:00. À Rapperswil-Jona, les grues ont cédé la place aux artisans sur le chantier de la future demeure de Roger Federer. Pendant que le champion aspire à la tranquillité, la Suisse retient son souffle, fascinée par cette propriété qui dépasse le simple statut de résidence de luxe.
- La construction de la villa de Roger Federer à Kempraten, au bord du lac de Zurich, suscite un intérêt médiatique et public considérable.
- Malgré le désir de discrétion du joueur, les médias continuent de scruter chaque détail, transformant le chantier en un véritable genre journalistique.
- L’engouement national témoigne d’une difficulté à accepter le passage du héros sportif à l’entrepreneur discret.
Les travaux sur la quasi-achèvement propriété de Roger Federer au bord du lac de Rapperswil-Jona touchent à leur fin. Les grues ont disparu, remplacées par des jardiniers et des artisans, tandis qu’un drapeau suisse flotte sur les lieux, signalant une touche de fierté nationale. Pour de nombreux Suisses, cette résidence bien plus qu’une simple demeure de luxe, représente le symbole d’un héros national, alimentant une fascination collective. La « Neue Zürcher Zeitung » souligne ainsi l’attachement du public à ses figures emblématiques, même lorsque celles-ci privilégient le calme et la tranquillité.
Depuis plusieurs années, chaque étape de cette construction a été méticuleusement suivie, commentée et exploitée par les médias. Que ce soit à travers des images de drones, des détails techniques ou des spéculations sur l’aménagement d’un court de tennis ou d’un hangar à bateaux, le sujet « Federer construit sur le lac de Zurich » est devenu un véritable genre médiatique. Les tabloïds ont fait appel à des « experts », les journaux locaux ont traqué les moindres rebondissements, et même les chaînes de télévision ont navigué sur le lac pour documenter le futur quartier du joueur. L’annonce exclusive par la NZZ de la revente par Federer d’une propriété de remplacement à Herrliberg a une fois de plus illustré l’appétit du public pour le moindre détail, aussi anodin soit-il.
Le souhait principal du vingt fois vainqueur du Grand Chelem est avant tout de préserver sa vie privée. Selon la NZZ, sa direction ne répondait même plus aux demandes d’interview. Sous la pression de Federer, un message contenant de nouvelles photos de sa maison a même été retiré d’Internet. Néanmoins, le désir du public demeure : celui de retrouver le joueur qui a autrefois enchanté tout un pays par son talent exceptionnel.
C’est précisément là que réside le dilemme : la Suisse s’accroche au mythe, alors même que le héros a quitté la scène sportive depuis un certain temps. L’image de Federer en tant que faiseur de rêves sportifs, modèle pour les jeunes ou gentleman charmeur n’est plus d’actualité. Il reste désormais l’entrepreneur, la célébrité internationale et le propriétaire d’une villa. Pour beaucoup, ce nouveau Federer semble lointain, froid, presque inaccessible. Rapperswil-Jona ne sera donc pas une simple idylle de tennis, mais plutôt un refuge de luxe, protégé des regards.
Et pourtant, à l’approche de son emménagement, une étincelle de la magie qui a fait de lui une figure d’identification nationale devrait renaître. Même si la Suisse sait qu’elle doit laisser partir « son » Federer, elle semble incapable de tourner la page.