Le Menier Chocolate Factory, à Londres, accueille une nouvelle mise en scène d’Equus, la pièce culte de Peter Shaffer. Sous la direction de Lindsay Posner, ce revival explore avec précision la confrontation psychologique intense entre un psychiatre et un adolescent tourmenté.
L’intrigue, écrite en 1973, plonge le spectateur dans un récit marqué par le désespoir, où s’entremêlent sexe, divinités et passion animale. L’histoire suit Alan Strang, un jeune homme de 17 ans qui a aveuglé six chevaux alors qu’il travaillait dans une écurie. Refusant d’expliquer son geste devant la justice, Alan est confié au Dr Martin Dysart, un psychiatre dont la vie et les certitudes seront bouleversées par ce cas.
Sur scène, Noah Valentine incarne un Alan Strang nerveux et tendu. Face à lui, Toby Stephens prête ses traits à un Martin Dysart à l’allure froissée. Au fil des séances de thérapie, un basculement s’opère : tandis qu’Alan semble s’épanouir dans le récit de ses actes, le psychiatre voit son autorité s’effriter et son propre sens de l’identité vaciller.
La mise en scène de Lindsay Posner se distingue par sa précision, atteignant un sommet d’intensité lors des séquences les plus viscérales. La pièce met en lumière des thèmes puissants, tels que le désir homoérotique et l’attraction irrésistible pour la force brute d’un étalon, illustrant ainsi un transfert de pouvoir permanent entre le patient et son thérapeute.