Home International Espérer, c’est témoigner que la terre peut ressembler au ciel

Espérer, c’est témoigner que la terre peut ressembler au ciel

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Publié le 8 novembre. Le pape François a lancé la catéchèse du Jubilé en soulignant que l’espérance chrétienne naît de la rencontre avec le Dieu véritable, différent de nos représentations, et se concrétise par un témoignage vivant, à l’image de celui d’Isidore Bakanya au Congo.

  • L’année jubilaire invite à reconnaître et à vivre la différence entre notre conception de Dieu et la réalité de Sa présence, favorisant ainsi un changement profond.
  • Saint Paul, dans sa première lettre aux Corinthiens, rappelle que les critères de Dieu, souvent inversés par rapport aux normes humaines, transforment le monde et révèlent la dignité de chacun.
  • Le témoignage d’Isidore Bakanya, laïc congolais du début du XXe siècle, illustre la force de l’espérance face à l’adversité et à la persécution.

Le Souverain Pontife a débuté sa catéchèse, diffusée auprès des pèlerins du Jubilé et des croyants du monde entier, en s’appuyant sur la prière du « Notre Père », notamment la demande : « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». Cette invocation rappelle, selon le pape, que nous sommes appelés à faire l’expérience de cette similitude céleste ici-bas.

S’inspirant de la lettre de saint Paul aux Corinthiens, le pape a expliqué que la terre peut déjà ressembler au ciel lorsque les critères divins, qui privilégient les humbles et les moins puissants, transforment les communautés. Le choix de Dieu, qui part toujours du plus petit, a provoqué une véritable révolution à Corinthe, réveillant les consciences et affirmant la dignité de chaque personne, notamment à travers le « nom de la croix » dont Paul se fait le témoin.

C’est dans cette optique que le pape François a souhaité partager un exemple concret de cette espérance chrétienne en Afrique : Isidore Bakanya, béatifié en 1994 et patron des laïcs chrétiens au Congo. Né en 1885, durant la période de colonisation belge, Isidore n’eut pas accès à l’école dans sa localité. Cependant, il noua des liens avec des missionnaires trappistes et embrassa l’éducation chrétienne à l’âge de 20 ans. Son parcours de vie devint alors un témoignage lumineux de foi et de renouveau.

Le récit s’est poursuivi avec l’expérience d’Isidore travaillant pour un exploitant européen hostile au christianisme et aux missionnaires qui défendaient la population locale face aux abus coloniaux. Malgré les humiliations et les tortures subies pour avoir porté le scapulaire de la Vierge Marie, Isidore Bakanya « n’a pas perdu espoir », a affirmé le pape. Son dernier souffle fut pour exprimer aux pères trappistes son absence de haine, promettant de prier pour ses bourreaux.

« C’est, frères et sœurs, le nom de la Croix. C’est une parole vécue qui brise la chaîne du mal. C’est un nouveau type de pouvoir qui confond les orgueilleux et détrône les puissants. C’est ainsi que naît l’espérance. »

Pape François

Le Saint-Père a souligné que cet exemple illustre la puissance de la croix comme une parole incarnée qui brise le cycle du mal, instaurant une nouvelle forme de puissance qui renverse les hiérarchies établies et engendre l’espérance. Il a ajouté que les Églises plus anciennes du Nord reçoivent souvent ce témoignage des Églises plus jeunes, les invitant à progresser ensemble vers le Royaume de Dieu, un royaume de justice et de paix. Le pape a particulièrement insisté sur le besoin qu’a l’Afrique de ce retour aux sources, offrant de nombreux jeunes comme témoins de la foi. Le message central du Jubilé, a-t-il conclu, est que l’espérance signifie témoigner que la terre peut véritablement ressembler au ciel.

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