La trompettiste Robyn Steward, autiste et vivant avec plusieurs handicaps, dont une paralysie cérébrale, s’apprête à lancer une soirée inclusive sur le thème de l’espace au club Fabric, à Londres. Un projet né de sa découverte des aménagements d’accessibilité de l’établissement, qui ont transformé sa perception des lieux nocturnes.
Jusqu’en mai de l’année dernière, l’univers des clubs semblait étranger à l’artiste. Hormis quelques prestations avec le duo de Lancaster, The Lovely Eggs, au club Heaven de Londres, ou des événements organisés dans des salles universitaires servant également de réfectoires, Robyn Steward n’avait jamais fréquenté ces espaces.
C’est en se rendant au Fabric, accompagnée d’une personne aidante, qu’elle a constaté l’efficacité de certains aménagements subtils intégrés à l’espace :
« J’ai été stupéfaite de voir à quel point c’était accessible »
Robyn Steward
L’artiste a notamment souligné l’utilité de la mezzanine, qui lui a permis d’éviter l’exposition directe aux stroboscopes, ainsi que la présence de mains courantes et de sièges face au balcon pour observer le spectacle.
Par ailleurs, le club a récemment modernisé son dancefloor sensoriel. Ce dispositif transforme le son en vibrations tactiles, une innovation conçue pour mieux accueillir les personnes malentendantes.
Pour Robyn Steward, ces installations changent radicalement l’expérience physique du lieu, alors que les environnements de club sont souvent sources d’anxiété ou de douleurs :
« Parfois, les stroboscopes peuvent déclencher des migraines ou être un peu accablants. J’ai l’impression que mon corps est un peu perdu »
Robyn Steward
Grâce à ces aménagements, la musicienne a pu profiter de l’ambiance visuelle sans crainte : « Je voyais que les lumières clignotaient, mais je me sentais en sécurité ».