Publié le 6 février 2024 à 06:56:00. Pékin a tenté, sans grand succès, de rallier les pays d’Asie du Sud-Est à sa condamnation des déclarations controversées de la ministre japonaise Sanae Takaichi concernant Taïwan, ravivant les tensions régionales.
- La Chine a convoqué des réunions avec les ambassadeurs d’Asie du Sud-Est pour obtenir leur soutien face aux propos de Sanae Takaichi sur Taïwan.
- Pékin a insisté pour que ces pays soutiennent sa position, invoquant l’histoire de l’agression japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale.
- Les déclarations de Takaichi, évoquant un possible déploiement militaire japonais en cas de conflit dans le détroit de Taïwan, ont suscité une vive réaction de la Chine.
Dans les jours qui ont suivi les remarques de Sanae Takaichi, jugées provocatrices par Pékin, la Chine a entrepris une démarche diplomatique inhabituelle. Plusieurs ambassadeurs d’Asie du Sud-Est, ou leurs représentants, ont été convoqués à des réunions organisées par les autorités chinoises à la fin de l’année dernière. Officiellement, ces rencontres étaient présentées comme un forum pour recueillir les points de vue de la région sur les commentaires de la ministre japonaise.
Cependant, selon des sources proches du dossier, l’objectif réel de ces réunions était de solliciter un soutien explicite à la position chinoise. Lors de ces échanges, présidés par un haut fonctionnaire, Pékin a exhorté les pays d’Asie du Sud-Est à se ranger à ses côtés et à condamner les déclarations de Takaichi. Les ambassadeurs ont été incités à soutenir la ligne de Pékin, en rappelant les souffrances endurées par la région durant la Seconde Guerre mondiale en raison de l’expansionnisme japonais.
Ces efforts diplomatiques interviennent après que Sanae Takaichi a suggéré, le 7 novembre, que le Japon pourrait envisager un déploiement militaire en cas de conflit dans le détroit de Taïwan. Cette déclaration, perçue comme une rupture avec la politique d’ambiguïté stratégique traditionnellement adoptée par Tokyo, a été interprétée par Pékin comme un signe d’une possible résurgence du militarisme japonais. La Chine considère Taïwan comme une province renégate qui doit être réunifiée avec le continent, par la force si nécessaire.
Pékin a fermement protesté contre les propos de Takaichi, les qualifiant de menace pour la paix régionale et de remise en question de l’ordre international. La Chine accuse Tokyo de vouloir revenir à ses politiques d’avant-guerre et de remettre en cause les principes fondamentaux de la coopération régionale.
Les tensions autour de Taïwan restent vives, et les déclarations de responsables japonais, comme celles de Sanae Takaichi, contribuent à alimenter les inquiétudes en Chine. La situation est d’autant plus délicate que les États-Unis, allié de Taïwan, ont également exprimé leur soutien à l’île et à sa capacité à se défendre.