Une descente de police sanglante à Rio de Janeiro, les ambitions nucléaires des grandes puissances et l’interdiction controversée d’Halloween en Russie : la presse internationale livre son analyse ce jeudi 30 octobre.
Au Brésil, la une est à Rio de Janeiro, où une opération policière d’une rare violence contre des gangs de trafiquants a semé la mort dans la favela de Vila Cruzeiro. Les journaux locaux peignent un tableau sombre de la situation. Le quotidien « Jornal do Brasil » titre sur un « carnage », rapportant des témoignages faisant état d’« exécutions et tortures » et qualifiant cette intervention de plus meurtrière de l’histoire de la ville. Dans une tribune du « Globe », un commentateur dénonce une violence qui n’est que « la blessure la plus visible sur un corps en décomposition », déplorant une bataille perdue d’avance tant que le Brésil ne s’attaquera pas aux causes sociales profondes du crime organisé. Du côté des autorités, le gouverneur de Rio a pourtant qualifié l’opération de « succès », arguant qu’elle avait préservé des vies. Au cœur du dispositif, la favela de Vila Cruzeiro. Des habitants, venus en masse, cherchaient désespérément les corps de leurs proches, prétendument abattus dans la forêt avoisinante. Si la plupart des victimes, jeunes hommes âgés de 20 à 30 ans, seraient affiliées au Red Command, une faction locale du trafic de drogue, les résidents ont dénoncé des exécutions sommaires, rappelant que le Brésil n’applique pas la peine de mort.
Sur la scène internationale, les tensions nucléaires montent. Alors qu’il s’apprêtait à rencontrer son homologue chinois, le président américain Donald Trump a annoncé sa décision de reprendre les essais d’armes nucléaires. Selon le « Washington Post », cette démarche vise à se mettre « sur un pied d’égalité » avec la Russie et la Chine, marquant un net revirement de la politique des États-Unis. Pékin, de son côté, entend combler son retard face aux puissances américaines et russes, qui détiennent à elles seules environ 90 % du stock mondial d’armes nucléaires, afin de « sauvegarder l’équilibre mondial », rapporte le « South China Morning Post ».
La Russie, quant à elle, ne semble pas en reste en matière de développement d’armements. Le président Vladimir Poutine a révélé avoir testé une nouvelle arme nucléaire, capable, selon lui, de provoquer un « tsunami ». Cette annonce fait suite à l’essai d’une autre arme nucléaire quelques jours plus tôt. Le dirigeant russe assure qu’« il n’y a rien de tel dans le monde en termes de vitesse », et qu’elle est « impossible à intercepter ». Surnommée « la machine apocalyptique » par Radio Europe Libre, cette arme, si elle était déployée, pourrait, selon les analystes occidentaux, entraîner des retombées radioactives massives, rendant de vastes territoires inhabitables.
Enfin, la Russie semble vouloir éradiquer toute influence étrangère, même festive. Le journal indépendant « Meduza » rapporte que les « gardiens moraux » du pays ont appelé à interdire les célébrations d’Halloween. Des responsables et militants religieux ont pressé les enseignants d’annuler les festivités scolaires, jugeant cette fête contraire aux « valeurs traditionnelles » russes et y voyant une potentielle « promotion du satanisme ». Un conseiller municipal de Krasnoïarsk a qualifié cette tradition de « monstruosité » et de « jeu pervers avec la mort et la violence, déguisé en divertissement ».
Sur le front médiatique, un échange pour le moins tendu a eu lieu entre un journaliste du HuffPost et la secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt. Le « New York Times » rapporte que, suite à une question du journaliste Shirish Date sur la suggestion de Donald Trump de rencontrer Vladimir Poutine à Budapest, Karoline Leavitt a rétorqué : « C’est votre mère qui l’a fait ». Elle a par la suite posté cet échange sur X, qualifiant le journaliste de « raté d’extrême gauche que personne ne prend au sérieux ». Le HuffPost a répliqué avec humour, vantant ses propres articles à une époque où « MAGA fait des blagues de cours de récréation », affirmant que « les questions sérieuses méritent mieux que l’humour du collège ».