Publié le 2025-10-13 15:50:00. Un an après un doublé prometteur à Austin, la Scuderia Ferrari traverse une période difficile. Confrontée à un écart abyssal avec McLaren et à une lutte pour la deuxième place du championnat constructeurs face à Mercedes, l’écurie italienne révèle des failles organisationnelles criantes, exacerbées par les récents événements à Singapour.
- Ferrari accuse un retard colossal sur McLaren, passant de 14 points d’écart l’an dernier à 352 points aujourd’hui.
- L’équipe est désormais devancée par Mercedes dans la course au titre constructeurs.
- Des divergences techniques et organisationnelles minent le potentiel de la SF-25, conduisant à des choix extrêmes et contre-productifs.
Il y a tout juste un an, les tifosi de Ferrari célébraient une victoire éclatante à Austin, avec Charles Leclerc et Carlos Sainz signant un doublé historique. Cet exploit laissait entrevoir une saison où la Scuderia pouvait encore rivaliser avec McLaren pour le titre constructeurs, un objectif manqué de peu à Abu Dhabi. Douze mois plus tard, le paysage a radicalement changé. Le rêve de titre s’est évaporé, remplacé par une lutte acharnée pour la seconde place face à une Mercedes en nette regain de forme. L’écart avec McLaren atteint désormais 352 points, illustrant un déclin préoccupant.
La débâcle de Singapour a mis en lumière des tensions internes et des faiblesses structurelles au sein de la Scuderia, qui dépassent les simples « vergetures » dans l’organisation pilotée par Fred Vasseur. Si aucun bouleversement majeur n’est attendu avant la fin de la saison, des mesures correctives significatives sont visiblement à l’étude pour rééquilibrer les relations, souvent tendues, entre les équipes basées au siège et celles œuvrant sur les circuits.
Le sentiment prédominant est celui de deux « âmes » chez Ferrari, dont les visions techniques divergent, conduisant à des choix de réglages extrêmes qui empêchent d’exploiter pleinement le potentiel de la SF-25. Si, jusqu’à présent, le poids des ingénieurs de piste a semblé prévaloir, le directeur technique, Loïc Serra, aura la tâche cruciale de favoriser une synergie plus harmonieuse. La désillusion de Singapour en est un exemple frappant : une voiture jugée prometteuse sur simulateur, après les déceptions de Monza et Bakou, s’est révélée problématique en piste. La hauteur de caisse, censée améliorer l’appui et les performances, a engendré une usure excessive du fond plat, rendant la monoplace italienne non conforme aux règlements.
Face à cette situation, des solutions de plus en plus radicales ont été adoptées, radicalisant le comportement de la Ferrari et imposant aux pilotes de gérer des phases de « lift and coast » prolongées durant les courses. Lewis Hamilton a ainsi terminé le Grand Prix de Singapour au bord de la rupture, ses freins étant soumis à une chaleur excessive, le système de refroidissement n’étant pas adapté aux exigences du circuit urbain de Marina Bay.
Malgré ces difficultés, il est peu probable que Matteo Togninalli, responsable de l’ingénierie piste, surnommé « Pluton », soit écarté. Reconnu pour sa grande compétence, malgré un caractère réputé difficile, ses idées peuvent certes susciter des conflits, mais il restera vraisemblablement à son poste.
Depuis les prévisions de croissance plus modestes annoncées lors du récent « Capital Markets Day », Ferrari a opté pour le silence médiatique. Face à une couverture médiatique intense, la stratégie semble être de jouer la prudence.
Ceux qui s’attendent à des décisions spectaculaires de la part du président John Elkann risquent d’être déçus. L’équipe ne sera pas révolutionnée avant la présentation de la future monoplace, la SF-25 (nom de code 678), en développement à Maranello. L’objectif est de donner à Fred Vasseur le temps de mettre en œuvre les changements nécessaires, voire une véritable révolution dans les approches techniques et sportives. Théoriquement, une remise à zéro pourrait permettre à ceux qui ont travaillé efficacement de bouleverser la hiérarchie.
Il est clair que Ferrari révèle des lacunes organisationnelles plutôt que structurelles. L’écurie cherche des dirigeants capables de combler ces manques désormais évidents, via des recrutements ciblés à court terme. La patience sera donc de mise pour les tifosi.