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Few Movies Love Horror More than ‘Popcorn’

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En 1991, le film d’horreur « Popcorn » célébrait déjà l’audace des séances de cinéma interactives, une tradition remise au goût du jour lors d’une projection spéciale du classique « Vendredi 13 ». Au légendaire Mayan Theater de Denver, le public fut littéralement aspergé de « sang » (colorant alimentaire rouge dans de l’eau) et un homme masqué à la hockeystoque sillonnait les allées toutes les trente minutes, plongeant les spectateurs dans une expérience immersive peuplée de créatures cauchemardesques, même si le véritable antagoniste du film, Jason Voorhees, brillait par son absence.

Cette fantaisie théâtrale rappelait l’esprit flamboyant de William Castle, maître incontesté des stratagèmes marketing afin d’attirer les foules. Le réalisateur avait l’habitude de truffer ses salles de projections de dispositifs sensationnels : des « cloches de la terreur » faisaient vibrer les fauteuils lors de « Homicides » (The Tingler), des draps blancs mémorables incarnaient des fantômes dans « 13 fantômes » (13 Ghosts), et il n’était pas rare que les spectateurs signent des décharges avant le début du film, au cas où leur cœur succomberait à l’émotion. Ses films, bien que rudimentaires, débordaient d’une affection sincère pour le cinéma, donnant naissance à des thrillers de série B involontairement hilarants, parfaits pour les séances de drive-in.

Si des pionniers comme Castle nous manquent, leur panache se retrouve encore aujourd’hui chez certains cinéastes, à l’instar de John Waters et Lloyd Kaufman. Le film « Popcorn », sorti en 1991 et aujourd’hui objet d’un culte fervent, témoigne de cette passion pour les soirées cinéma déjantées. Il partage une tendresse évidente pour l’univers de Castle et présente des similitudes frappantes avec le chef-d’œuvre de Joe Dante, « Matinee » (1993). Si l’on imagine « Matinee » transposé en slasher adolescent tourné en Jamaïque plutôt qu’en comédie lycéenne coming-of-age, on obtient une bonne idée de « Popcorn ».

Jill Schoelen, figure emblématique des Scream Queens des années 90, incarne Maggie, une étudiante en cinéma tourmentée par d’étranges cauchemars. Son club de cinéma organise une levée de fonds originale : rénover une salle obscure, la décorer de cascades artisanales et d’effets interactifs, le tout orchestré par des étudiants costumés et investis dans leurs rôles, pour une triple projection de films de série B. Les trois films fictifs présentés – « Mosquito! », « Attack of the Amazing Electrified Man » et « The Stench » – semblent prendre vie le soir même où le monstre des rêves de Maggie refait surface dans le cinéma.

« Popcorn » excelle davantage en hommage aux films d’horreur des années 1950 qu’en slasher ou whodunit cohérent. Le méchant arbore un masque saisissant et bénéficie d’un pathos à la Gaston Leroux. Si Dee Wallace Stone, Tony Roberts et surtout Ray Walston brillent dans des rôles secondaires, le film repose sur la détermination de Schoelen et sur la prestation mémorable de Tom Villard.

Le tournage de « Popcorn » fut semé d’embûches. Alan Ormsby fut écarté de la réalisation après quelques semaines pour être remplacé par l’acteur Mark Herrier (« Porky’s »), qui parvint à insuffler un style nécessaire et à maintenir un rythme soutenu. Jill Schoelen, quant à elle, succéda à Amy O’Neill (« Chérie, j’ai rétréci les gosses »). Des reprises de tournages importantes eurent lieu, expliquant le ton parfois fluctuant du film, tantôt léger et plein d’humour, tantôt glacial et sadique.

Une scène impliquant Dee Wallace Stone, un écran de cinéma surnaturel et un monstre semant la panique dans une salle obscure, se révèle stylisée mais dénuée de sens. La question du budget alloué au club de cinéma pour l’événement central se pose également. La mise en scène d’une triple projection, les effets spéciaux grandioses et la transformation d’une salle entière semblent dépasser l’imagination des fonds universitaires disponibles. Pourtant, « Popcorn » se soucie de la logique tout autant que « Mosquito! », ce qui, somme toute, lui sied à merveille.

Quelle meilleure preuve de sens du spectacle que de proposer trois films de série B au sein d’un film de série B ? « Popcorn » parvient à rester divertissant et à dégager une chaleur contagieuse pour la magie du cinéma d’antan, même dans ses moments les plus sombres et violents. Les films expérimentaux authentiquement terrifiants que l’on découvre et l’apparition initiale du méchant constituent de loin les passages les plus effrayants du film, offrant des sensations fortes à l’ancienne.

Ce n’est pas une célébration de l’histoire du cinéma, mais plutôt une gourmandise de série B. Il est néanmoins réjouissant de voir des clichés cinématographiques de la fin du XXe siècle se marier à des reconstitutions efficaces de films de monstres des années 1950, de cinéma d’art et d’essai des années 1960, de tropes d’horreur des années 1970 et 1980, et d’œuvres plus classiques. Cette synergie inattendue de l’histoire du cinéma trouve un écho dans une réplique crue mais astucieuse, où un étudiant compare Bergman à « Police Academy 5 ».

À l’instar des films d’horreur post-modernistes qui émergeront plus tard dans la décennie, les personnages de « Popcorn » semblent vaguement conscients d’être dans un film d’horreur. Maggie rejette les avances de son petit ami au début du film, déclarant : « C’est l’ère du sexe sans risque ». Elle et le film suivent cette voie : « Popcorn » ne contient ni sexe ni nudité.

Dans une récente interview accordée à Fangoria, Jill Schoelen a révélé que Bob Clark avait, en coulisses, co-produit le film. Clark, prodige canadien, est le réalisateur du crucial « Black Christmas » (1972), du classique « A Christmas Story » (1983) et du succès surprise « Porky’s » (1981). L’influence de Clark semble palpable, certains moments évoquant une fusion plus douce entre ses comédies adolescentes et ses films d’horreur très influents. Dommage cependant qu’il n’y ait aucune trace de Ralphie et de son fusil Red Ryder BB.

« Popcorn » est certes un peu désuet, mais il reste indéniablement amusant et rappelle aux fans du genre le plaisir qu’offrent des films comme celui-ci (ou « Mosquito! »), surtout lorsqu’ils sont visionnés en salle obscure.

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