Publié le 24 octobre 2025. La Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS) a annoncé une refonte de sa stratégie de commercialisation des droits médiatiques, visant à centraliser la vente des compétitions et à renforcer sa présence auprès des jeunes publics et des diffuseurs mondiaux.
- La FIS adoptera une approche « marché par marché » pour négocier les droits médias des circuits de Coupe du monde et des Championnats du monde.
- Cette centralisation permettra d’établir des relations directes avec les diffuseurs, offrant plus de transparence et potentiellement plus de revenus aux fédérations nationales.
- L’objectif est double : augmenter les revenus financiers et élargir l’audience, notamment auprès des jeunes générations et via les plateformes numériques.
Jusqu’à présent, la vente des droits des courses de Coupe du monde était fragmentée, chaque fédération nationale commercialisant ses propres événements, tandis que la FIS gérait uniquement ceux des Championnats du monde. Cette dispersion rendait difficile la mise en place d’une stratégie médiatique cohérente et limitait le potentiel commercial du sport.
Un accord majeur conclu avec Ski Austria permettra désormais, à partir de la saison 2026-2027, à la FIS et à son partenaire Infront de commercialiser conjointement les droits de diffusion de l’ensemble des compétitions de ski et de snowboard alpin, nordique et acrobatique. Cette nouvelle approche vise à optimiser la valeur des droits et à assurer une expérience plus homogène pour les téléspectateurs.
« Dans le cadre du nouveau système, les associations nationales de ski ont garanti davantage de revenus », a expliqué Christian Salomon, directeur commercial en chef de la FIS, lors de la conférence Sportel Monaco. « Je ne peux pas dire combien de plus, mais dès la saison 2026/2027, elles [recevront] plus d’argent grâce aux droits médiatiques, ainsi qu’une plus grande transparence et la possibilité de faire partie du processus. » Il a ajouté que l’intérêt et la concurrence des diffuseurs étaient déjà notables, confirmant la pertinence de cette décision.
La FIS compte ainsi nouer des liens plus étroits avec les diffuseurs. Bien qu’il soit théoriquement possible de vendre les droits à un diffuseur unique pour plusieurs territoires, la fédération privilégiera une approche « marché par marché ». Par exemple, aux États-Unis, des discussions sont en cours avec des diffuseurs en vue d’intégrer davantage d’événements sur les chaînes principales d’un même réseau.
« L’argent est extrêmement important, car il assure la sécurité financière de notre sport et des athlètes… et il contribue à offrir la meilleure qualité de compétitions », a souligné Salomon. « En même temps, nous devons trouver le bon équilibre entre revenus financiers et exposition. Nous devons rendre le sport plus accessible à un public plus jeune. Nous devons être plus numériques et, par conséquent, les revenus financiers sont extrêmement importants, mais nous devons également trouver les bonnes plateformes pour la meilleure exposition et présenter notre sport de la meilleure façon possible. » La FIS compte s’appuyer à la fois sur les diffuseurs traditionnels, notamment les chaînes publiques en Europe, et sur les plateformes de streaming et les diffuseurs commerciaux pour toucher un public plus large.
La FIS espère que davantage de ses événements, mettant en vedette des athlètes comme Mikaela Shiffrin, seront diffusés sur les chaînes principales aux États-Unis. (Crédit image : Getty Images)
Parallèlement, la FIS renforce sa présence numérique. La fédération modernise ses plateformes et investit dans des contenus exclusifs pour les réseaux sociaux afin d’attirer un public plus jeune. « Notre [audience] vieillit de plus en plus, comme tous les autres sports à la télévision traditionnelle, nous devons donc [attirer] le jeune public via les réseaux sociaux et les plateformes numériques », a précisé Salomon. Il a souligné que ces efforts complétaient les diffusions traditionnelles et avaient déjà permis de tripler la portée sur les réseaux sociaux au cours des deux dernières années.
La nouvelle stratégie vise également à simplifier l’accès aux droits pour les nouveaux entrants, notamment les plateformes de streaming. « Il était tout simplement impossible pour les nouveaux arrivants d’entrer », a expliqué Salomon. « Les diffuseurs de ski traditionnels connaissaient le processus… mais les nouveaux venus, comme les plateformes de streaming, disons Netflix ou Amazon, ils n’avaient aucune chance. » Désormais, les contrats seront directement négociés entre les diffuseurs et la FIS, facilitant les partenariats.

La FIS cherche également à attirer des partenaires de sponsoring de dimension mondiale. En vendant directement les droits de sponsoring qui englobent à la fois la Coupe du monde et les Championnats du monde, la FIS offre aux marques la possibilité d’acquérir des droits de partenariat majeur. Les fédérations nationales conserveront la responsabilité de la vente des activations locales pour les événements qu’elles organisent.
« Nous essayons de nous mondialiser davantage », affirme Salomon. « Si nous voulons devenir plus internationaux en termes de notoriété pour notre sport, nous devons également rechercher des partenaires de sponsoring plus mondiaux. » La FIS évolue ainsi vers des « partenariats » plutôt que de simples « sponsors », cherchant à associer des marques globales au développement du sport sur l’ensemble de ses disciplines et compétitions. « À partir de la saison 2026/27, notre stratégie est de présenter une plateforme mondiale pour les partenaires mondiaux. » Ces dernières années, la FIS a notamment annoncé des partenariats mondiaux avec l’agence nationale du tourisme d’Azerbaïdjan et CHiQ, tout en renouvelant son accord avec Visa.