Publié le 2025-10-23 06:50:00. Google annonce une avancée majeure dans le calcul quantique avec le développement d’un nouvel algorithme, « Quantum Echoes », promettant de révolutionner la résolution de problèmes complexes et d’accélérer la recherche dans des domaines cruciaux.
- Google a mis au point un algorithme quantique, baptisé « Quantum Echoes », capable de surpasser significativement les superordinateurs classiques dans la résolution de problèmes complexes.
- Cet algorithme ouvre des perspectives nouvelles pour la découverte de médicaments, le développement de matériaux avancés et l’amélioration de l’intelligence artificielle.
- La capacité de vérification des calculs effectués par « Quantum Echoes » est considérée comme une étape clé vers une informatique quantique mature.
Développé par le laboratoire d’intelligence artificielle quantique de Google, dirigé par l’informaticien allemand Hartmut Neven, « Quantum Echoes » a été conçu pour fonctionner initialement sur la puce quantique « Willow » du géant technologique. Selon les chercheurs, dans cet environnement, l’algorithme se montrerait 13 000 fois plus rapide que les meilleurs algorithmes classiques exécutés sur les supercalculateurs les plus puissants actuellement disponibles. Ces résultats ont été publiés dans la revue scientifique Nature.
Au-delà de la puce « Willow », les chercheurs précisent que « Quantum Echoes » est également exécutable sur d’autres plateformes quantiques, permettant ainsi la vérification des résultats obtenus. L’une des applications potentielles de cet algorithme réside dans l’amélioration drastique de la méthode de mesure par résonance magnétique nucléaire (RMN). Cette technique permet d’analyser la disposition des atomes au sein d’une substance.
Une RMN plus performante pourrait ainsi révolutionner la recherche pharmaceutique, notamment pour élucider les interactions entre les molécules médicamenteuses et leurs cibles. Dans le domaine de la science des matériaux, elle offrirait la possibilité de caractériser avec une précision inégalée la structure moléculaire de nouveaux composés, tels que les polymères, les catalyseurs ou les composants de batteries. « Les ordinateurs classiques peuvent réaliser des approximations, mais ils ne peuvent pas calculer précisément ce qui se passe au niveau moléculaire », explique Hartmut Neven. « Avec un ordinateur quantique, en revanche, nous pouvons véritablement parler le langage de la nature et gérer cette complexité. »
L’informatique quantique est également appelée à jouer un rôle majeur dans le progrès de l’intelligence artificielle (IA). Si l’IA est déjà employée pour accélérer la conception et optimiser les logiciels des ordinateurs quantiques, elle requiert d’énormes quantités de données pour son entraînement. « Le monde qui nous entoure est intrinsèquement quantique », souligne Hartmut Neven. « L’informatique quantique sera donc capable de générer des données uniques et précieuses pour entraîner l’IA de manière inédite. »
Michel Devoret, scientifique en chef du matériel quantique chez Google Quantum AI et lauréat du prix Nobel de physique, salue cette avancée. Il considère que l’algorithme « Quantum Echoes » marque « une nouvelle étape », notamment grâce à la vérifiabilité des calculs qu’il permet. « Si un autre ordinateur quantique effectuait le même calcul, le résultat serait identique », précise-t-il. « C’est un pas de plus vers un calcul quantique à part entière. »