Face à la pression grandissante de la Commission européenne, Google a dévoilé de nouvelles propositions visant à modifier l’affichage de ses résultats de recherche. Ces ajustements font suite à des accusations récentes, datant du début septembre, concernant des pratiques potentiellement anticoncurrentielles et interviennent peu après l’annonce d’autres changements concernant ses espaces publicitaires. L’objectif pour le géant américain est d’éviter une amende colossale, qui pourrait atteindre 35 milliards de dollars, pour violation du Digital Markets Act (DMA), la législation européenne conçue pour réguler les grandes plateformes numériques.
L’enquête de la Commission européenne, en cours depuis mars, porte sur l’accusation selon laquelle Google favoriserait ses propres services dans ses résultats. Des exemples comme Google Shopping pour les produits, Google Flights pour les billets d’avion, ou encore Google Hotels pour les réservations d’hébergement, sont pointés du doigt. Ces pratiques désavantageraient les concurrents spécialisés dans des « verticales » spécifiques, en reléguant leurs liens plus bas dans les résultats, limitant ainsi leur visibilité face aux offres du groupe.
Pour tenter de désamorcer les critiques de Bruxelles, Google s’apprête à mettre en œuvre des mesures concrètes. Selon des informations rapportées par Reuters, l’entreprise propose désormais d’assurer un traitement équitable aux services concurrents dans ses pages de résultats. Ainsi, des plateformes comme Expedia ou TripAdvisor pourraient bénéficier d’un encadré dédié, présentant leurs offres dans un format identique à celui de Google. Ces nouvelles « Boîtes VSS » (Services de recherche verticale) seraient affichées selon des critères qualifiés d’« objectifs et non discriminatoires » par Google.
Dans ce jeu d’équilibriste, Google affirme chercher un compromis pour clore l’enquête, tout en exprimant des réserves quant à une intervention européenne jugée trop intrusive. Un porte-parole de l’entreprise a notamment soulevé que de nouvelles modifications des résultats de recherche pourraient potentiellement favoriser les intermédiaires commerciaux au détriment de certaines entreprises européennes locales vendant directement leurs produits ou services.
Cette proposition de Google reflète les tensions croissantes entre les géants de la tech et l’Union européenne. Après qu’Apple ait été contraint d’ouvrir son App Store à la concurrence, allant jusqu’à menacer de quitter l’Europe, c’est au tour de Google d’adapter des pans essentiels de son modèle économique. L’entreprise attend désormais la réaction de Bruxelles pour savoir si ces ajustements seront jugés suffisants afin d’éviter une nouvelle sanction record.