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Grand incendie dans une raffinerie à La Havane

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Publié le 14 février 2026 01:58:00. Un incendie s’est déclaré vendredi après-midi dans un entrepôt de la raffinerie Ñico López à La Havane, plongeant la capitale cubaine dans un épais nuage de fumée noire et exacerbant une crise énergétique déjà sévère sur l’île.

  • Un incendie s’est déclaré dans un entrepôt de la raffinerie Ñico López à La Havane et a été rapidement maîtrisé.
  • Cet incident survient alors que Cuba est confrontée à une pénurie d’énergie aiguë, aggravée par les sanctions américaines et la vétusté des infrastructures.
  • L’Union électrique de Cuba (UNE) prévoit des coupures de courant généralisées pour ce vendredi, affectant jusqu’à 57 % de la population.

L’incendie, qui s’est produit en milieu d’après-midi, a mobilisé d’importantes équipes d’urgence. Les autorités du ministère de l’Énergie et des Mines (Minem) ont confirmé que l’incendie avait été maîtrisé sans faire de victimes. Les causes de l’incident restent pour l’instant inconnues.

La raffinerie Ñico López, l’une des trois raffineries de Cuba, est située à proximité de zones densément peuplées. Elle est régulièrement pointée du doigt pour ses problèmes techniques et son impact environnemental sur la baie de La Havane. Nationalisée en 1960, elle traite à la fois du pétrole brut national et importé, mais souffre de limitations opérationnelles croissantes.

Cet incident se produit dans un contexte particulièrement préoccupant pour l’économie cubaine. Depuis janvier, les restrictions énergétiques imposées par les États-Unis se sont intensifiées, coupant l’approvisionnement en pétrole vénézuélien et menaçant d’imposer des droits de douane sur les autres pays fournissant du carburant à l’île. La pénurie de devises étrangères entrave également l’importation de carburant, et l’absence de pétroliers internationaux ces dernières semaines est un signe alarmant, selon les experts du transport maritime.

Face à cette crise, le gouvernement cubain a mis en place des mesures d’urgence, notamment la réduction des horaires scolaires et universitaires, la diminution des heures de travail, la limitation des transports publics et le rationnement du carburant. Même les hôpitaux ont dû restreindre le personnel en raison du manque de ressources.

L’incident rappelle tragiquement l’incendie de la base de superpétroliers de Matanzas en août 2022, la plus grande catastrophe industrielle récente de Cuba, qui avait fait 17 morts et détruit quatre réservoirs de 50 000 mètres cubes chacun. Bien que l’incendie de vendredi n’ait pas atteint une telle ampleur, il souligne la vulnérabilité des installations énergétiques cubaines.

L’Union électrique de Cuba (UNE) prévoit ce vendredi des coupures de courant simultanées dans tout le pays, affectant potentiellement 57 % de la population pendant les heures de pointe. La capacité de production prévue est de 1 361 mégawatts (MW) contre une demande maximale de 3 100 MW, ce qui représente un déficit de 1 739 MW. Pour éviter des interruptions désordonnées, jusqu’à 1 769 MW seront déconnectés de manière programmée.

La crise énergétique s’est aggravée depuis mi-2024, en partie à cause des sanctions américaines, que le gouvernement cubain qualifie de « siège pétrolier » et accuse d’augmenter la fréquence des pannes. La détérioration des centrales thermiques, après des décennies d’exploitation, et le manque de devises pour importer du carburant contribuent également à la situation d’urgence.

Actuellement, sept des 16 unités thermoélectriques opérationnelles sont hors service en raison de pannes ou de travaux de maintenance, dont deux des trois plus importantes du système. La production thermoélectrique représente en moyenne 40 % de la matrice énergétique nationale, ce qui rend le système particulièrement vulnérable à l’indisponibilité de ces installations.

Des experts indépendants pointent du doigt le sous-financement chronique du secteur électrique, resté sous le contrôle total de l’État depuis 1959. Des estimations non officielles suggèrent qu’entre 8 et 10 milliards de dollars seraient nécessaires pour réhabiliter les infrastructures et rétablir la stabilité du service.

Le gouvernement cubain, de son côté, dénonce une politique « d’asphyxie énergétique » de Washington et affirme que les sanctions américaines constituent le principal obstacle à l’accès aux ressources et à la technologie.

Les coupures d’électricité prolongées ont un impact direct sur l’économie nationale, qui a connu une contraction de plus de 15 % depuis 2020, selon les chiffres officiels, et ont été un facteur déclenchant des protestations sociales majeures sur l’île.

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