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HADESTOWN – Théâtre lyrique | Revue de théâtre musical

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HADESTOWN – Théâtre lyrique | Revue de théâtre musical

Desmonda Cathabel, Nicola Roberts et Dylan Wood à Hadestown au Lyric Theatre de Londres. Image: Brinkhoff-Moegenburg

Publié le 2025-10-06 12:00:00. Le spectacle musical Hadestown, récompensé par de nombreux prix, continue de captiver le public londonien au Lyric Theatre. Nicola Roberts, membre du groupe pop Girls Aloud, fait un retour remarqué sur scène dans le rôle de Perséphone, apportant une nouvelle sensibilité à ce rôle aux côtés d’une distribution talentueuse.

  • Nicola Roberts intègre la troupe de Hadestown dans le rôle de Perséphone au Lyric Theatre de Londres.
  • Son interprétation, bien que prometteuse, montre encore un potentiel de développement en termes de profondeur et d’intensité.
  • La production dans son ensemble, saluée pour sa mise en scène et sa musique, reste un incontournable du West End.

Après une première apparition remarquée dans la comédie musicale City of Angels en 2020, qui fut malheureusement interrompue par la pandémie de Covid-19, Nicola Roberts retrouve les planches cinq ans plus tard. Elle rejoint la distribution de Hadestown, production acclamée de Rachel Chavkin basée sur le livret et la musique d’Anaïs Mitchell, qui revisite les mythes d’Orphée, Eurydice, Hadès et Perséphone.

Aborder un rôle déjà incarné par d’autres acteurs, qui ont eu le temps de peaufiner leur interprétation et d’établir une alchimie, représente un défi certain. Nicola Roberts relève ce défi avec une approche décente mais encore préliminaire. Son jeu se caractérise par une certaine éthérée dans les mouvements, suggérant une réticence face aux changements de saison et à l’arrivée de l’obscurité. Sa voix, qui sied à la partition, lui confère une teinte rauque particulièrement efficace dans ses numéros.

Bien que son interprétation soit globalement satisfaisante, on ressent un potentiel inexploité. Les semaines à venir pourraient permettre à l’actrice d’affirmer davantage sa présence scénique et d’ajouter des couches supplémentaires à son personnage, qui apparaît parfois un peu unidimensionnel. Une approche plus débridée, notamment lors du numéro d’ouverture du deuxième acte, où tout semble un peu trop retenu, serait bénéfique. L’objectif est de permettre au public de s’identifier à la personnalité de Perséphone, de comprendre ses dilemmes et de soutenir son aspiration à se positionner par amour pour Orphée et Eurydice.

Sur une note plus positive, Nicola Roberts manifeste une belle aisance dans ses échanges avec d’autres membres de la distribution. Cedric Neal, impérial dans le rôle d’Hermès, offre une performance toujours aussi envoûtante, avec une profondeur émotionnelle et une voix remarquables qui rendent ce « triste conte » particulièrement savoureux.

Le cadre visuel du spectacle, conçu par Rachel Hauck et éclairé par Bradley King, est d’une beauté saisissante. L’ensemble de la troupe, y compris le Fine Band dirigé par Tarek Merchant, maintient un niveau d’excellence constant. Hadestown demeure ainsi l’une des productions musicales à ne pas manquer dans le West End.

Desmonda Cathabel, quant à elle, incarne une Eurydice d’une grande puissance, apportant une intensité émotionnelle remarquable. Sa performance transmet avec justesse le jeu, l’attitude, la vulnérabilité, la passion, la désolation et l’espoir. Son interprétation poignante de « Flowers » est exquise.

La force de Hadestown réside dans la richesse de sa narration, propice à de multiples interprétations. Dans un contexte où la décence et la moralité semblent souvent reléguées au second plan par les détenteurs du pouvoir, le spectacle pourrait résonner avec une pertinence accrue.

Lisa Martland

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