Home International Hemedti : Qui est-il et comment est-il devenu un acteur clé dans l’équation politique au Soudan ?

Hemedti : Qui est-il et comment est-il devenu un acteur clé dans l’équation politique au Soudan ?

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Publié le 2025-11-05 08:51:00. Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, figure centrale des Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises, a exprimé ses critiques envers le coup d’État de 2021, le qualifiant d’« erreur » ayant facilité le retour des partisans de l’ancien président Omar al-Bashir. Son parcours, d’un marchand de chameaux à la tête d’une puissante milice puis acteur politique majeur, éclaire les dynamiques de pouvoir complexes au Soudan.

  • Hemedti, promu général de corps d’armée et vice-président du Conseil militaire de transition en 2019 après la chute d’Omar al-Bashir, a joué un rôle clé dans les transitions politiques ultérieures.
  • Son ascension est intrinsèquement liée à la création et au développement des Forces de soutien rapide (FSR), initialement une milice tribale transformée en force paramilitaire intégrée à l’armée.
  • Le contrôle des mines d’or du Jebel Amer, acquis par les FSR après un affrontement avec la milice de Musa Hilal, a considérablement renforcé l’influence économique et politique de Hemedti.

L’ascension fulgurante de Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, sur la scène politique soudanaise est singulière, car elle émane d’en dehors des structures militaires traditionnelles et des partis politiques établis. Issu de la tribu arabe des Rizeigat du Darfour, Hemedti a quitté l’école prématurément pour se lancer dans le commerce de chameaux et la protection de convois. Cette activité lui a permis, dès les années 1990, de bâtir une fortune considérable et de constituer sa propre milice. Son influence s’est accrue de manière exponentielle avec la découverte d’or à Jabal Amer, dont sa milice a rapidement pris le contrôle.

Le tournant majeur dans l’histoire de Hemedti survient en 2003, lorsque le gouvernement d’Omar al-Bashir mobilise des milices d’éleveurs arabes, dont les Janjawid, pour contrer les rébellions dans la région du Darfour. Bien que Musa Hilal ait été initialement le chef Janjawid le plus en vue, Hemedti a su étendre la portée de sa milice et rivaliser avec lui, gagnant ainsi les faveurs d’Al-Bashir. C’est en 2013 que le président soudanais légitime officiellement cette force en la rebaptisant « Forces de soutien rapide » (FSR) par décret présidentiel. Dépendant directement d’Al-Bashir, qui lui confère le surnom de « himati » (celui qui me protège), Hemedti et ses FSR deviennent un instrument clé du pouvoir.

La puissance des FSR ne cesse de croître. En 2019, leur effectif est estimé à plus de 40 000 hommes, et les analystes prévoient une augmentation jusqu’à 100 000 combattants. Ces forces participent à plusieurs conflits régionaux, notamment aux côtés de la coalition saoudienne au Yémen, et fournissent des unités pour sécuriser la frontière saoudienne. Parallèlement à ses activités militaires, Hemedti s’impose comme un acteur économique majeur, notamment dans le secteur aurifère. La confiscation des mines d’or les plus lucratives du Soudan suite à la capture de Musa Hilal en 2017 propulse Hemedti au rang de plus grand négociant d’or du pays, consolidant son influence. Les FSR sont également accusées d’implication dans le « massacre du commandement général » le 3 juin 2019, où un sit-in pacifique a été dispersé par des forces armées, causant plus de 120 morts.

Après la chute d’Omar al-Bashir en 2019, Hemedti a joué un rôle central dans la transition. Vice-président du Conseil militaire de transition puis du Conseil de souveraineté, il a maintenu une présence médiatique forte, distribuant des fonds et des biens, renforçant ainsi sa popularité et son influence. Sa propre force, les FSR, prend le contrôle des camps de la force de maintien de la paix de l’Union Africaine au Darfour. Malgré son rôle de soutien aux manifestations pro-démocratie, Hemedti reconnaît avoir « parfois commis des erreurs ».

Cependant, des tensions sont récurrentes entre Hemedti et le lieutenant-général Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil militaire de transition puis du Conseil de souveraineté. Ces désaccords porteraient sur des questions militaires, le déploiement des FSR, mais aussi sur des accords économiques que les FSR auraient tenté de conclure indépendamment de l’État. Ces divergences, souvent qualifiées de luttes d’influence personnelle, semblent avoir été un facteur déterminant dans l’intensification du conflit actuel au Soudan.

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