Dans un paysage télévisuel de science-fiction souvent dominé par des récits sombres et complexes, la série Killjoys a tenté de raviver l’esprit d’aventure légère des années 1990 et du début des années 2000. Malgré cinq saisons complètes diffusées sur SyFy, la série est aujourd’hui largement oubliée, et les raisons de ce manque de reconnaissance méritent d’être examinées.
Killjoys suit les aventures d’une équipe de chasseurs de primes, Dutch et Johnny, constamment en infériorité numérique et pourchassés par diverses factions. Dès le premier épisode, l’intrigue se complexifie lorsqu’ils découvrent que leur cible, Andras, n’est autre que le frère de Johnny, D’avin. Ils parviennent alors à annuler le mandat d’arrêt, et D’avin rejoint l’équipe, servant de point d’entrée pour le public dans cet univers impitoyable.
La série s’installe rapidement dans un rythme combinant des aventures épisodiques et un arc narratif plus vaste en toile de fond. Contrairement à d’autres productions de science-fiction qui peinent à trouver le juste équilibre, Killjoys maintient un rythme soutenu dès le début. Les Killjoys travaillent pour la RAC (Coalition d’appréhension et de récupération), l’une des nombreuses factions en présence, dans un univers centré sur Old Town, une ville industrielle contrôlée par une puissante multinationale, The Company.
Si l’on peut anticiper les conflits qui découleront de cette situation, Killjoys se distingue par la profondeur de son univers, explorant la politique, les intrigues et les complots impliquant des super-soldats immortels. Cette richesse contraste avec des séries comme Firefly, qui n’avaient pas le temps de développer pleinement les rouages de leur monde.
Killjoys peut être considérée comme un héritier spirituel de Firefly et de Farscape, partageant avec elles un ton léger et décalé, particulièrement rare dans le paysage télévisuel contemporain, où la gravité domine souvent. Cependant, cette légèreté a pu être perçue comme un défaut par certains, la série n’atteignant pas la profondeur émotionnelle d’autres productions comme The Expanse ou Dark Matter. Le jeu des acteurs, bien que correct, ne dépasse pas un niveau considéré comme « standard » pour une série de science-fiction.
Pour certains téléspectateurs, cette simplicité est un atout. Killjoys offre un divertissement sans prétention, idéal pour un binge-watching sans prise de tête. La série se démarque également par son humour, notamment à travers ses titres d’épisodes, souvent des jeux de mots ou des références culturelles, comme « Comment se faire des amis et influencer les gens » ou « Les Hullen ont des yeux ». Ces clins d’œil témoignent du ton décontracté de la série et peuvent susciter l’enthousiasme ou, au contraire, décourager les spectateurs à la recherche d’un récit plus sérieux.
Malgré son annulation après cinq saisons, SyFy a permis à Killjoys de conclure son histoire de manière satisfaisante, une situation rare pour les séries de science-fiction. Néanmoins, la série n’a jamais rencontré le succès populaire qu’elle méritait peut-être, et elle est aujourd’hui tombée dans l’oubli, quelques années seulement après la diffusion de son dernier épisode en 2019. Dans un contexte télévisuel marqué par une aversion pour la comédie, il n’est pas surprenant que Killjoys n’ait pas trouvé son public.