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Huit pays de l’Union européenne interdisent déjà le port de la burqa ou du niqab en public

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Publié le 17 février 2026 à 20h32. Une nouvelle tentative d’interdire le port de la burqa et du niqab dans l’espace public en Catalogne a échoué au Congrès des députés, ravivant un débat persistant sur la laïcité, la liberté religieuse et l’intégration en Espagne et en Europe.

  • Le Congrès des députés a rejeté une proposition de loi de Vox visant à interdire le voile intégral, soutenue par le Parti Populaire (PP).
  • Huit États membres de l’Union européenne et la Suisse ont déjà adopté des législations restreignant ou interdisant le port de la burqa et du niqab.
  • Le débat sur l’interdiction du voile intégral soulève des questions complexes concernant la liberté religieuse, la sécurité et l’intégration sociale.

La proposition de loi de Vox, qui visait à interdire le port de la burqa et du niqab dans l’espace public, a été rejetée ce mardi par le Congrès des députés. L’initiative, soutenue par le PP, s’inscrivait dans une longue série de tentatives pour réglementer le port de ces vêtements couvrant le visage, particulièrement présents dans certaines régions de l’Espagne, comme la Catalogne, où la population musulmane est relativement importante.

Malgré le rejet, le débat a été marqué par un soutien inattendu du PP. Selon le quotidien espagnol El País, les députés du PP ont applaudi le discours passionné de leur porte-parole, Ester Muñoz, qui a qualifié l’interdiction de la burqa et du niqab de « principe moral qui nous définit en tant que nation ». Ce soutien a galvanisé l’extrême droite, à l’origine du projet de loi.

Le vote au Congrès a vu 170 voix pour (Vox, PP et UPN) et 177 contre (PSOE, Sumar, ERC, EH Bildu, PNV, Podemos, BNG et Compromís), tandis que la Coalition Canarienne (CC) s’est abstenue. Cette division reflète les profondes divergences d’opinions sur la question.

Les premières tentatives d’interdiction remontent à 2010, lorsque la mairie de Lleida a adopté une loi interdisant la burqa (vêtement recouvrant entièrement le corps et le visage, courant en Afghanistan et au Pakistan) et le niqab (importé principalement d’Arabie saoudite, ne laissant apparaître que les yeux) dans les bâtiments municipaux. Cependant, cette loi a été annulée en 2013 par le Tribunal constitutionnel, qui a estimé que le port du voile pouvait être une expression de la liberté religieuse, un droit fondamental garanti par la Constitution espagnole.

Le Tribunal constitutionnel a également souligné qu’une municipalité n’avait pas le pouvoir d’imposer des restrictions qui relèvent de la compétence du Parlement national. De plus, les juges n’ont pas été convaincus que l’interdiction améliorerait la sécurité ou l’intégration sociale, craignant au contraire qu’elle n’entraîne une plus grande discrimination et l’isolement des femmes concernées.

Malgré cette décision, le débat a continué. L’année dernière, l’Alliance catalane, un parti ultranationaliste, et son maire de Ripoll ont proposé une modification de la loi pour interdire le port du voile islamique dans les écoles et les lieux publics, le qualifiant de vêtement « misogyne et fondamentaliste ». Aucune de ces propositions n’a abouti à ce jour.

Le débat dépasse les frontières espagnoles. En Italie, le parti des Frères d’Italie, dirigé par la Première ministre Giorgia Meloni, a présenté en octobre dernier un projet de loi visant à interdire le port du voile intégral dans les lieux publics, au nom de la lutte contre « l’intégrisme et le séparatisme islamique ».

Plus largement, huit États membres de l’Union européenne et la Suisse ont déjà mis en place des réglementations concernant la burqa et le niqab. La France, pionnière en la matière, a adopté une loi interdisant le port du voile intégral en 2010, invoquant le principe de laïcité, qui garantit la neutralité religieuse dans l’espace public. Cette interdiction s’inscrit dans une série de mesures visant à limiter l’expression religieuse dans les écoles publiques, débutées en 2004 avec l’interdiction des « symboles religieux ostentatoires » (voile, kippa, grandes croix). En septembre 2023, le ministre de l’Éducation a même envisagé d’interdire l’abaya dans les salles de classe.

La Belgique a suivi en 2011, sanctionnant le non-respect de la loi par des amendes allant de 15 à 130 euros et, en cas de récidive, par une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à sept jours. La Cour européenne des droits de l’homme a confirmé la validité de cette loi en 2017. D’autres pays, comme la Bulgarie (depuis 2016), l’Allemagne (2017, mais uniquement pour les fonctionnaires, les juges et le personnel militaire en service), le Danemark (2018), les Pays-Bas (2019) et la Suisse (2021, avec des exceptions pour des raisons de santé, sportives ou culturelles) ont également adopté des mesures similaires. Le Portugal a été le dernier à adopter une loi en octobre dernier, visant la sécurité, l’identification et l’égalité des sexes, avec des amendes allant de 200 à 4 000 euros.

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