Le climat de haine en ligne visant deux stars de la pop aux styles diamétralement opposés met en lumière l’espace cadaque accordé à l’apparence des femmes dans l’espace public. Entre critiques acerbes et pressions esthétiques, l’acceptabilité semble se réduire, quel que soit le look adopté.
Ce constat s’appuie sur les réactions récentes entourant les tenues de CMAT et d’Olivia Rodrigo. Les deux musiciennes, l’une irlandaise et l’autre américaine, ont toutes deux réagi aux vagues de critiques s’abattant sur leur physique, provenant, selon les termes de l’analyse, du « fond immonde » d’internet.
Pour CMAT, le point de rupture a été atteint après sa prestation du dimanche lors du festival BBC Radio 1’s Big Weekend à Sunderland. Lorsque la BBC a publié des extraits de son passage sur Instagram, la violence des commentaires concernant son corps a contraint le diffuseur à désactiver l’espace de discussion. Fait notable : les vidéos d’autres artistes féminines du même festival, ayant une morphologie plus mince, ont conservé leurs commentaires activés.
L’artiste a exprimé son désarroi sur les réseaux sociaux face à cette situation :
« Il a été très difficile d’essayer de décrire à quel point les derniers jours depuis le Big Weekend de la BBC Radio 1 ont été éprouvants »
CMAT
Elle a précisé que ces attaques lui avaient causé une « profonde tristesse ».
Cette situation, cumulée aux critiques visant Olivia Rodrigo, suggère un paradoxe frappant : alors que les styles et les images projetées par ces deux artistes sont opposés, elles font face à un acharnement similaire. Ce phénomène laisse entendre qu’il n’existerait pratiquement plus d’option « acceptable » pour la manière dont une femme doit se présenter en public en 2026, transformant chaque choix vestimentaire ou physique en cible potentielle.