Home International Il y a 22 ans : le coup d’État du Louvre rappelle l’attentat de Saliera à Vienne

Il y a 22 ans : le coup d’État du Louvre rappelle l’attentat de Saliera à Vienne

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Publié le 2025-10-22 15:58:00. Suite au spectaculaire vol au Louvre, un débat sur la sécurité des musées s’intensifie. MeinBezirk a interrogé les institutions viennoises sur leurs dispositifs, révélant des stratégies variées et une vigilance accrue.

  • Le vol d’une partie des joyaux de la couronne française au Louvre, estimé à 88 millions d’euros, relance le débat sur la sécurité des trésors artistiques.
  • À Vienne, seuls l’Albertina confirme une surveillance vidéo intégrale 24h/24 de toutes ses salles d’exposition.
  • L’histoire du vol de la Saliera en 2003 et sa récupération mouvementée en Autriche reste un exemple marquant de la vulnérabilité des institutions culturelles.

L’audacieux cambriolage survenu au musée du Louvre à Paris, où des joyaux de la couronne française ont été dérobés dans la prestigieuse Galerie d’Apollon pour une valeur estimée à 88 millions d’euros, a ravivé les inquiétudes quant à la protection des œuvres d’art. Une enquête a révélé des retards importants dans l’installation des dispositifs de sécurité au sein du musée parisien, avec seulement un tiers des caméras prévues mises en place dans certaines zones. Cette situation, soulignée par la Cour des comptes, suggère un sous-investissement chronique dans la sécurisation des collections.

Ce récent incident rappelle un autre fait marquant dans l’histoire récente de l’art européen : le vol de la Saliera, la célèbre sculpture en ivoire et émail de Benvenuto Cellini, dérobée au Kunsthistorisches Museum (KHM) de Vienne il y a 22 ans. Dans la nuit du 11 mai 2003, peu après la fin d’un événement culturel, un cambrioleur a réussi à pénétrer dans le musée. L’alarme du détecteur de mouvement s’est déclenchée à 3h55, mais les trois agents de sécurité présents n’ont pas réagi conformément au règlement. C’est seulement vers 8h20 qu’un veilleur a constaté l’effraction, la vitre brisée et la vitrine forcée.

La Saliera est restée introuvable pendant trois longues années. Le 27 octobre 2005, une partie de l’œuvre a été remise aux autorités autrichiennes, tandis qu’un informateur proposait des renseignements sur le sort de la pièce. Parallèlement, un suspect a été identifié suite à des SMS de chantage exigeant dix millions d’euros de la compagnie d’assurance Uniqa, sous peine de fondre la sculpture. La diffusion de sa photo a permis à une connaissance de le reconnaître, conduisant à sa reddition le lendemain. Le 21 janvier 2006, l’accusé a guidé la police jusqu’à une forêt près de Zwettl, en Basse-Autriche, où la Saliera gisait, légèrement éraflée, dans une boîte.

L’auteur du vol, Robert M., alors âgé de 47 ans, a été condamné en première instance à quatre ans de prison en septembre 2006. Sa peine a été portée à cinq ans lors d’un nouveau procès, avant une libération anticipée après deux ans et neuf mois de détention. La Saliera a finalement réintégré les collections du KHM en janvier 2006.

Suite à l’affaire du Louvre, MeinBezirk a sollicité les principaux musées viennois pour connaître leurs mesures de sécurité actuelles et le niveau de couverture par la vidéosurveillance. Si la plupart des institutions ont privilégié la discrétion quant à leurs dispositifs, le Kunsthistorisches Museum (KHM) a fourni une réponse plus détaillée. L’institution a expliqué mettre en œuvre un concept de protection en trois niveaux : protection extérieure, intérieure et des objets. Ce dispositif combine des mesures structurelles, mécaniques, techniques et organisationnelles, supervisées par un personnel formé et familier des lieux. Le KHM assure une évaluation constante de ses mesures de sécurité et des exercices réguliers pour son personnel, sans toutefois dévoiler de détails précis « pour des raisons compréhensibles ».

Le Musée d’Histoire Naturelle (Naturhistorisches Museum – NHM) de Vienne, situé en face du KHM, a quant à lui indiqué disposer de « concepts de sécurité sophistiqués, régulièrement évalués ». L’établissement précise que les événements récents servent de catalyseur pour examiner et, si nécessaire, adapter ses mesures afin de garantir le plus haut niveau de sécurité.

À l’Albertina, l’accent est mis sur la formation continue du personnel afin d’assurer une détection précoce des anomalies. Ce musée est le seul à avoir confirmé à notre rédaction que toutes ses salles d’exposition bénéficient d’une surveillance vidéo complète, 24 heures sur 24. Le Musée du Belvédère (Belvedere) a pour sa part évoqué des « concepts de sécurité complets et en constante évolution », refusant également de divulguer des détails pour la protection des œuvres, tout en affirmant analyser attentivement les incidents et adapter ses protocoles en conséquence.

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