Publié le 23.10.2025, 09h52. Sigrid, l’étoile montante de la pop norvégienne, dévoile son troisième opus, « There’s Always More That I Could Say ». L’artiste y explore de nouvelles sonorités, délaissant parfois la perfection pour laisser place à l’émotion et à des expérimentations audacieuses.
- Troisième album de Sigrid, « There’s Always More That I Could Say », marque une évolution avec des explorations sonores et une approche moins polie.
- L’album est décrit comme un récit de rupture, abordant l’amour de manière non chronologique et avec une touche de légèreté.
- De nouvelles influences, allant de l’indie suédois à la pop canadienne, se font entendre, enrichissant la palette musicale de l’artiste.
Depuis ses débuts fulgurants en 2017 avec le titre « Don’t Kill My Vibe », Sigrid Solbakk Raabe, 29 ans, s’est forgée une réputation de reine de la pop explosive et entraînante. Ses deux premiers albums, « Sucker Punch » (2019) et « How to Let Go » (2022), ont confirmé son talent pour créer des hymnes pop calibrés pour les grandes scènes, caractérisés par des refrains accrocheurs et une voix reconnaissable entre mille.
« There’s Always More That I Could Say » s’affranchit cependant d’une certaine linéarité. Sigrid elle-même souligne une volonté de ne pas viser la perfection, mais plutôt de laisser les chansons « respirer ». Cet opus, qualifié par son label d’album de rupture, se déploie à travers dix titres qui dressent un portrait de l’amour en décomposition, du début à la fin, sans suivre un ordre chronologique strict. L’intention affichée est également que le disque soit « amusant », une légèreté qui transparaît, bien que la notion de « respiration » promise semble parfois mise à mal.
Sur ce nouvel album, Sigrid s’aventure dans des territoires sonores variés. Le titre « Jellyfish » évoque un « scandipop » à la Harry Styles (« As It Was »), tout en intégrant des éléments de rock indépendant et une basse entraînante. Ce morceau se distingue par son caractère onirique, rappelant des influences comme Peter Bjørn and John ou Saint Etienne, et marque une rupture avec les compositions précédentes de l’artiste.
La production a de nouveau été confiée en partie à Askjell Solstrand, déjà présent sur les précédents albums, qui contribue à élargir la palette sonore de Sigrid. Des morceaux comme « Fort Knox » remettent en question la formule pop classique. La chanson, d’une structure inattendue, est l’une des plus sombres et excitantes de l’artiste, accentuée par des arrangements de cordes signés David Rossi, collaborateur de renom.
« Hush Baby, Hurry Slowly » plonge dans l’univers synth-pop de CHVRCHES, avec une énergie rappelant Carly Rae Jepsen. L’album s’ouvre d’ailleurs sur « I’ll Always Be Your Girl », un morceau empreint d’influences indie rock qui évoque le style de Franz Ferdinand.
La voix de Sigrid, qui a gagné en maturité et en profondeur depuis ses débuts, se révèle plus écorchée sur certains titres comme « I’ll Always Be Your Girl » ou « Kiss The Sky », où elle expérimente le chant parlé avec une expressivité nouvelle, plus pathétique que sur ses précédents succès. Cette approche, bien que parfois audacieuse, peut parfois sembler artificielle, comme une tentative de transmettre une émotion décontractée plutôt qu’une véritable spontanéité.
Malgré l’apparente légèreté promue par le titre de l’album, certaines pistes donnent l’impression d’être pressées de sortir, manquant de l’espace nécessaire pour véritablement respirer. Des ballades au piano comme « There’s Always More That I Could Say » offrent des moments plus dépouillés et intimes, contrastant avec l’exploration de genres plus audacieuse de l’ensemble de l’album. L’ajout de la flûtiste Elise Yuka sur plusieurs titres apporte une touche d’originalité, bien que parfois l’investissement émotionnel reste superficiel.
« Have You Heard This Song Before » explore des sonorités rappelant The Cure, se positionnant comme l’un des titres les plus ambitieux et stables de l’album, s’accordant le temps de s’ancrer. « Fort Knox » retrouve une intensité dramatique, tandis qu' »Eternal Sunshine » déploie une narration riche, portée par la voix captivante d’Askjell.
« There’s Always More That I Could Say » se distingue par une volonté de s’affranchir des schémas prévisibles. Sigrid laisse transparaître une colère, une joie et un potentiel d’accroche, mais plusieurs chansons peinent à dépasser un certain seuil. L’album se présente ainsi moins comme une œuvre aboutie qu’une base prometteuse pour les futures explorations pop de l’artiste.