Publié le 2025-11-07 11:10:00. Treize individus soupçonnés d’appartenir à la branche espagnole du « Tren de Aragua », une redoutable organisation criminelle vénézuélienne, ont été interpellés lors d’une vaste opération policière. Cette action vise à démanteler l’implantation de ce réseau criminel, réputé pour son expansion continentale et ses activités diverses, allant du trafic de drogue à l’extorsion.
- Arrestation de 13 membres présumés du « Tren de Aragua » en Espagne.
- Démantèlement de deux laboratoires clandestins de production de cocaïne rose (« tusi »).
- Saisie de diverses drogues synthétiques, de cocaïne et d’une plantation de marijuana.
Les forces de l’ordre espagnoles ont annoncé vendredi la conclusion de l’opération baptisée « Interciti », dont une première phase avait déjà conduit à l’arrestation en mars 2024 du frère du leader international de l’organisation à Barcelone. Cette seconde vague d’interpellations a permis de neutraliser huit personnes présumées à Barcelone, deux à Madrid, et une chacune à Gérone, La Corogne et Valence. Quatre d’entre elles ont été placées en détention provisoire.
Cette opération met en lumière les activités lucratives du réseau, notamment la production et le trafic de « tusi », une drogue de synthèse connue pour sa couleur rose et surnommée la « cocaïne des riches ». Les perquisitions menées dans le cadre de l’enquête ont également permis de saisir plusieurs quantités de drogues synthétiques, de cocaïne, ainsi qu’une culture intérieure de marijuana, témoignant de la diversité des trafics orchestrés par le groupe.
Une collaboration policière internationale
L’efficacité de cette opération repose sur une coopération policière accrue. Les investigations ont été menées par un groupe de travail spécifique de la police espagnole, épaulé par la Police Nationale de Colombie et le projet Ameripol-El Pacto 2.0 de l’Union Européenne. Ce partenariat souligne la dimension transnationale de la menace posée par le « Tren de Aragua ».
L’arrestation en mars 2024 à Barcelone du frère de Héctor Rustherford Guerrero Flores, surnommé « El Niño Guerrero » et leader présumé du « Tren de Aragua », avait marqué le coup d’envoi des investigations en Espagne. Cet individu faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités vénézuéliennes pour des accusations graves telles que terrorisme, trafic d’êtres humains et d’armes, extorsion, blanchiment d’argent et association de malfaiteurs. Les enquêteurs espagnols se sont ensuite employés à vérifier si cet individu, installé en Espagne, cherchait à reproduire et étendre la structure criminelle observée dans d’autres pays d’Amérique.
Une organisation structurée en sous-cellules
Les forces de sécurité ont identifié une organisation hiérarchisée en Espagne, composée de deux sous-structures distinctes dirigées par un chef et un lieutenant. Ces antennes locales étaient chargées de la préparation du « tusi » à domicile et de sa distribution, contribuant ainsi au financement du groupe. Elles étaient également impliquées dans le trafic de cocaïne, préalablement stockée par l’organisation.
Les autorités policières poursuivent leurs investigations afin de débusquer d’autres membres du réseau qui auraient pu échapper aux arrestations. Parallèlement, des opposants vénézuéliens exilés en Espagne ont récemment déposé une plainte auprès du ministère de l’Intérieur espagnol contre le ministre de l’Intérieur du Venezuela, Diosdado Cabello, l’accusant de « menaces ». Ils invoquent notamment les activités du « Tren de Aragua » comme exemple de la manière dont le régime de Nicolás Maduro étend son harcèlement et sa persécution de la dissidence politique au-delà de ses frontières.
Origines du « Tren de Aragua »
Le « Tren de Aragua » est une organisation criminelle transnationale originaire du Venezuela, considérée comme l’une des plus puissantes du pays. Ses activités criminelles comprennent, entre autres, des meurtres, des extorsions, des enlèvements et du trafic d’êtres humains. Le groupe aurait vu le jour à partir d’un syndicat de travailleurs employés sur le chantier d’une voie ferrée dans les États vénézuéliens d’Aragua et de Carabobo, d’où il tire son nom. Après la fin du projet de construction en 2011, le syndicat s’était déjà transformé en une bande criminelle. La véritable consolidation du « Tren de Aragua » date de 2013, lorsque Héctor Rustherford Guerrero Flores, « El Niño Guerrero », alors incarcéré dans la prison de Tocorón, a forgé des alliances avec les membres du syndicat.
Depuis 2018, le groupe a connu une expansion rapide sur le continent américain, suivant les flux migratoires vénézuéliens. Le réseau est désormais présent dans plusieurs villes de pays tels que la Colombie, le Pérou et le Chili.