Rome, 18 février 2026 – Un réseau de corruption impliquant des policiers de l’État et des trafiquants de drogue a été démantelé à Rome. L’enquête révèle des arrangements illicites, des vols de stupéfiants et des abus de pouvoir au sein même des forces de l’ordre.
- Trois agents de la police d’État, affectés au commissariat Salario-Parioli, sont parmi les sept personnes arrêtées.
- Des interceptions téléphoniques révèlent que les policiers participaient activement au trafic de drogue, allant jusqu’à voler des quantités saisies.
- L’enquête a mis au jour des pratiques de protection accordée aux trafiquants en échange de pots-de-vin et de « pensions » futures.
L’opération, menée par le Dia (Direction d’investigations anti-mafia) avec le soutien de la Préfecture de Police de Rome, des Carabiniers et de la Police Financière, a permis de démanteler un réseau de trafic de drogue particulièrement bien organisé. Au cœur de ce système se trouvait Guerino Primavera, considéré comme le chef d’un groupe criminel opérant dans la région, qui entretenait des liens étroits avec les policiers corrompus.
Selon les écoutes téléphoniques, Primavera était parfaitement conscient du rôle joué par les policiers, qu’il qualifiait de « batterie » capable de garantir des bénéfices systématiques. Il envisageait même cette collaboration comme une source de revenus à long terme, assurant une future « retraite » confortable. Les échanges interceptés témoignent d’une stabilité dans les relations entre les suspects et d’une planification minutieuse des activités criminelles. Il est également apparu que les policiers utilisaient leurs véhicules de service et effectuaient des heures supplémentaires pour faciliter les opérations illégales.
Les interceptions révèlent des détails choquants sur les méthodes employées par les policiers corrompus. Dans une conversation rapportée dans l’ordonnance de garde à vue, Primavera explique à sa femme comment les policiers dérobaient de la drogue ou de l’argent aux coursiers :
« … c’est la seule façon de gagner de l’argent… sinon tu n’en auras pas, tu comprends ? Heureusement que Danilo est là… il y en a un que je connais… celui-là va lui botter le cul… je dis… au milieu de la route… cherche-le… commence à courir regarde… dépêche-toi et je te tirerai même une balle dans la jambe… je t’arrêterai… j’enlèverai tout le van. »
Guerino Primavera
L’enquête a également mis en lumière des vols de drogue lors d’opérations de police. Le 27 juillet 2024, lors d’une perquisition dans une cave du commissariat de Salario-Parioli, les agents Danilo Barbieri et Dario Scascitelli auraient été les premiers à accéder à la drogue et à en dérober 10 kilos de cocaïne, dissimulés dans un sac poubelle. Le rapport de saisie mentionne une quantité totale d’environ 13 860 kilos, mais 10 kilos restent introuvables.
D’autres opérations illégales ont été révélées, notamment la soustraction de drogue transportée dans un fourgon Mercedes Citan en provenance de Fondi. Le 3 octobre, les coursiers avaient nettoyé le véhicule pour supprimer toute trace de GPS, mais les policiers avaient déjà installé un dispositif de suivi. Le 7 octobre, les trois policiers mis en cause ont surveillé le fourgon près de la Via Pontina et du Grande Raccordo Anulare à Rome. Scascitelli a été envoyé à Fondi pour attendre le retour du véhicule, tandis que Barbieri et Vita le suivaient. Le fourgon a finalement été intercepté juste avant la sortie 28, près de la via Veientana Vetere.
Face à ces éléments accablants, le juge d’instruction a ordonné le maintien en détention provisoire des sept suspects, ouvrant la voie à une enquête approfondie sur l’étendue de ce réseau de corruption et les responsabilités de chacun.
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