Publié le 13 octobre 2025. Quatre personnalités aux parcours éclectiques, du cinéma à la musique électronique, ont uni leurs talents pour former Imbermind, un groupe qui explore les frontières de la musique électronique avec une approche résolument humaine et organique.
- Imbermind réunit un Oscarisé, un professeur de mathématiques, un DJ international et un accordeur de piano, démontrant une polyphonie de compétences au service de la musique.
- Le groupe a débuté par des collaborations marquantes, notamment avec Peter Murphy et un remix officiel de Depeche Mode, validant ainsi son concept musical.
- Leur premier album, « Sans fin », explore une montée constante en puissance et une connexion émotionnelle avec l’auditeur, se traduisant par une expérience musicale intense.
Ce collectif improbable, composé de Nico Casal (lauréat d’un Oscar pour le court métrage « Stutterer » et compositeur de bandes sonores), Álvaro Monreal (chanteur et ingénieur acoustique), Edu Imbernón (DJ de renommée mondiale) et Luis Clemente (accordeur de piano, multi-instrumentiste et producteur), pourrait évoquer une série télévisée tant leurs profils sont diversifiés. C’est pourtant bien dans le monde de la musique électronique qu’ils évoluent, à l’initiative d’Edu Imbernón, habitué des scènes de festivals tels que Coachella et Tomorrowland.
L’alchimie du groupe repose sur une synergie unique. Nico Casal apporte son expérience de compositeur de bandes sonores, Álvaro Monreal sa voix issue de la scène indépendante, et Luis Clemente sa maîtrise multi-instrumentale et de la production. Chacun injecte sa spécialité dans le processus créatif, sans jamais perdre de vue l’harmonie générale. L’importance du travail en personne, loin des visioconférences, a été un élément clé de leur démarche. « Le faire ensemble a été la clé », confie Nico Casal, soulignant l’atmosphère détendue et collaborative de leurs sessions de composition, rythmées par « paella, sieste et travail ».
Leur premier album, sobrement intitulé « Sans fin », dont la pochette représente deux mains formant une flèche ascendante, symbolise cette idée de progression continue. « Nous voulions que toutes les chansons ressemblent aux dernières », explique Álvaro Monreal. Cette quête d’émotion intense est palpable dans leur démarche créative : « Si quelque chose ne nous donnait pas la chair de poule, nous l’écartions », ajoute Nico Casal. Ce désir d’une expérience auditive marquante se retrouve dans « Imbernation », une ode à un lieu utopique, exempt de divinités, d’or ou d’armes, propice à un sentiment de connexion et d’évasion.
Imbermind cultive une indépendance farouche, souhaitant maîtriser l’ensemble du processus de création. « Nous voulons gérer le processus », affirme Luis Clemente, mettant en garde contre les contraintes imposées par les multinationales. Leur approche privilégie la fluidité et la liberté créative. Parallèlement, les membres du groupe revendiquent l’importance des bases musicales solides dans un monde où l’intelligence artificielle et les logiciels de production facilitent la création. « J’ai peur qu’à long terme, il y ait de moins en moins de personnes qui cultivent ces compétences », exprime Edu Imbernón, rappelant qu’une chanson est avant tout « un message d’une personne à une autre ».
Sur scène, la présence de musiciens est primordiale pour Nico Casal, même en intégrant des séquences pré-enregistrées. Après un premier concert remarqué au Florida Park de Madrid et une participation au Brunch Electronik de Barcelone, le groupe s’apprête à fouler la scène du Festival Lollapalooza à Buenos Aires le 14 mars prochain. Edu Imbernón, malgré des années d’expérience en tant que DJ, avoue une certaine appréhension mêlée d’excitation à l’idée de jouer live : « Super. On aurait dit que nous jouions ensemble depuis des années », confirme Luis Clemente. « Thousand Miles », leur titre phare, remixé par Andrés Campo, célèbre DJ espagnol, illustre cette amitié capable de transcender les distances et les épreuves, symbolisant le fil conducteur de leur parcours.
Leur vision de l’avenir est ancrée dans la longévité : « Je veux être comme Depeche Mode et jouer ensemble à 60 ans », déclare Imbernón. « Nous sommes faits pour être ensemble, même lorsque des moments difficiles arrivent, notre lien ne sera pas rompu », chantent-ils dans « Thousand Miles », laissant présager une collaboration qui, comme le suggère le titre de leur album, pourrait bien être « sans fin ».