Los Angeles – Les World Series 2025 voient un Mookie Betts méconnaissable, en proie à une « futilité sidérante » qui a mené les Dodgers au bord de l’élimination face aux Blue Jays. L’ancienne superstar semble avoir perdu son étincelle, accumulant les contre-performances dans une série décisive.
Loin de l’athlète qui défiait les géants par sa seule présence, loin du champion des trois Séries mondiales ayant dompté ses démons de playoffs l’année précédente, Mookie Betts affiche cette saison un visage inhabituel. Ses coéquipiers le décrivaient comme un compétiteur hors pair, capable de réussir dans n’importe quel sport, et MVP potentiel grâce à une polyvalence rare, même à des postes qu’il n’avait pas fréquentés depuis le lycée. Mais aujourd’hui, le joueur de 32 ans semble « terrible », comme il l’a lui-même confié après la défaite des Dodgers dans le Game 5, qui a donné un avantage de 3-2 aux Blue Jays.
Son parcours dans cette Série mondiale est sans précédent. Avec une moyenne au bâton famélique de .130 (et .234 en playoffs), ses trois seuls coups sûrs sont des simples. Il n’a franchi la plaque qu’une seule fois dans cette ultime confrontation, alors que son équipe peine offensivement, n’ayant marqué que quatre points lors de ses 29 dernières manches. La mécanique de jeu qui faisait sa force, cette fluidité de mouvement et cette capacité à frapper partout sur le terrain, semble désormais grippée. Ses gestes sont moins synchronisés, la puissance côté champ s’est évaporée, et il n’a toujours pas frappé de coup de circuit dans ces playoffs. Sa posture à l’approche du contact est hésitante, le rendant vulnérable face aux lanceurs adverses. On est loin de l’image du Betts de l’an passé, explosif et euphorique après ses succès.
Face à des étoiles montantes comme Vladimir Guerrero Jr. et Shohei Ohtani, qui ont su élever leur niveau de jeu, Mookie Betts n’est plus qu’un joueur parmi d’autres, un simple rôle player aux yeux de certains. Son manager, Dave Roberts, évoque une « pression » et une « anxiété » qui pourraient expliquer ces difficultés. « Je pense qu’il est sous pression », a déclaré Roberts. « Mais il va devoir trouver un moyen de s’en éloigner et de se concentrer sur un match à la fois. Juste sortir et se battre. Mais je pense qu’il y a une petite angoisse en lui. Ce n’est cependant pas la première fois qu’il connaît des difficultés et qu’il est confronté à l’élimination. »
Les Dodgers se retrouvent dos au mur, en partie à cause de la performance du jeune rookie des Blue Jays, Trey Yesavage. Ce dernier a enregistré 12 retraits sur des prises lors du Game 5, un record pour un rookie en Série mondiale, et a éliminé Betts à deux reprises. « Je veux dire, je pense qu’il a lancé un excellent match. Je ne lui enlève rien », a concédé Betts, reconnaissant la qualité de la performance adverse. Il est cependant important de noter que Mookie Betts n’est pas le seul à traverser une période difficile ; l’ensemble de l’attaque des Dodgers semble en panne au pire moment. Max Muncy, son coéquipier, a salué la précision du lanceur : « Il a placé chaque lancer qu’il voulait aujourd’hui. Au premier match, il n’avait pas une excellente commande. Et aujourd’hui, je ne pense pas qu’il ait manqué une seule cible, à l’exception de ce qui est en dessous de la zone de prise, ce qui est ce qu’il veut faire. »
Malgré cette méforme, Mookie Betts demeure l’un des piliers de l’équipe, censé être le deuxième meilleur joueur derrière Ohtani, un joueur évoluant dans une sphère à part. Si Betts avait retrouvé son niveau habituel, la série aurait pu basculer bien plus tôt en faveur des Dodgers, grands favoris avant le début des World Series. Les quelques sifflets, rares à Dodger Stadium, qui l’ont visé dernièrement témoignent de cette déception palpable. Le plaisir de jeu, son superpouvoir, semble s’être évanoui. « Je voudrais que ce soit par manque d’effort », a-t-il regretté. « Je n’ai pas de réponses. »
La question qui plane désormais est de savoir si Mookie Betts parviendra à inverser la tendance lors des prochains matchs à Toronto.