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Internet SpaceX Starlink n’est pas assez rapide pour les robots de combat ukrainiens

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Publié le 27 octobre 2025. La dépendance de l’Ukraine à l’égard des satellites Starlink de SpaceX pour contrôler ses robots militaires en première ligne se heurte à des limitations de bande passante, poussant les ingénieurs à innover pour maintenir l’efficacité des opérations sur le terrain.

  • La capacité limitée des terminaux Starlink ukrainiens, qui ne dépassent pas 10 mégabits par seconde, affecte la fluidité des flux vidéo, essentiels au pilotage des robots.
  • Des solutions alternatives, comme l’utilisation de drones relais, sont développées pour étendre la portée et la qualité de la communication.
  • L’intelligence artificielle est vue comme un moyen futur de rendre les robots plus autonomes, réduisant ainsi leur dépendance aux connexions réseau en temps réel.

Depuis le début de la guerre, l’Ukraine a déployé des milliers de robots terrestres sur le front pour diverses missions : transport de ravitaillement, évacuation des blessés, et même opérations offensives afin de préserver la vie de ses soldats. Ces engins, d’une grande utilité, dépendent fortement de la connectivité satellitaire pour être pilotés à distance, notamment lorsqu’ils opèrent hors de portée des liaisons radio conventionnelles. La constellation Starlink de SpaceX, avec ses quelque 200 000 terminaux actifs dans le pays, est devenue une infrastructure vitale pour les forces ukrainiennes. Cependant, l’afflux massif d’utilisateurs, particulièrement près des zones de combat, engendre une saturation qui limite la bande passante disponible pour chaque terminal.

Cette contrainte technique se traduit par des débits de données insuffisants pour un contrôle réactif des robots. Vadym Burukin, PDG de la start-up Huless, explique qu’une fréquence d’images d’au moins 30 images par seconde est nécessaire pour un pilotage précis. Avec seulement 10 images par seconde, le risque est grand de voir les robots rencontrer des obstacles inattendus, tels que des champs de mines ou des éléments naturels, freinant ainsi leur progression.

« Si vous voulez conduire vite, vous avez besoin d’une fréquence d’images d’au moins 30 images par seconde pour pouvoir contrôler le robot. Si vous n’avez que dix images par seconde et que vous vous déplacez rapidement, il y a de fortes chances que vous vous retrouviez dans un champ de mines ou dans un arbre. »

Vadym Burukin, technologue et PDG de la start-up de drones Huless

Andriy Dovbenko, entrepreneur et PDG du réseau Tech Exchange ukrainien, précise que cette limitation de bande passante contraint la vitesse des véhicules terrestres sans pilote (UGV) à environ 10 kilomètres par heure. Traverser la « zone grise », une bande de 20 kilomètres particulièrement dangereuse en raison des attaques de drones russes, peut ainsi prendre jusqu’à deux heures. « C’est assez lent pour les véhicules terrestres sans pilote », déplore-t-il, souhaitant une vitesse d’au moins 20 km/h.

Les problèmes de signal ne s’arrêtent pas là. Les terminaux Starlink peuvent également rencontrer des bugs dus aux vibrations des robots sur terrain accidenté. De plus, des conditions météorologiques défavorables comme les nuages et la pluie, ou même la présence d’une canopée d’arbres, peuvent dégrader davantage la qualité de la connexion.

Face à ces défis, les ingénieurs ukrainiens explorent des solutions novatrices. L’une d’elles consiste en des drones captifs équipés de répéteurs de signal, déployés à une altitude de 150 mètres. Ces relais amplifient les signaux radio, étendant leur portée de quelques kilomètres à plus de 40 kilomètres pour la communication sol-sol. Pour les drones volants, cette portée peut même atteindre 80 kilomètres par rapport aux opérateurs cachés à l’abri.

Ces dispositifs permettent aux soldats ukrainiens d’entreprendre des missions d’exploration risquées en territoire contrôlé par la Russie, sans craindre de perdre leur connexion. Vadym Burukin a ainsi mentionné avoir pu atteindre le stade de Donetsk, situé à environ 50 kilomètres de la ligne de front actuelle, grâce à ces équipements.

Malgré ces limitations, Starlink demeure un outil indispensable pour l’Ukraine. « Starlink a de nombreuses utilisations pendant la guerre, mais il n’a pas été développé spécifiquement en tant que technologie militaire, il a donc ses limites », concède Andriy Dovbenko, tout en reconnaissant la difficulté de produire une alternative à grande échelle.

En complément, l’intelligence artificielle joue un rôle croissant. Les systèmes de navigation autonomes assistés par IA aident les robots militaires à pallier les problèmes de signal, notamment face au brouillage délibéré et autres interférences. Les experts ukrainiens espèrent qu’à l’avenir, l’IA permettra aux machines de guerre d’opérer de manière plus autonome, réduisant ainsi la nécessité d’une surveillance humaine en temps réel et les rendant moins vulnérables aux perturbations de communication. Bien que les robots autonomes ne remplacent pas entièrement les soldats humains, ils sont destinés à réduire leur exposition dans les zones les plus dangereuses du front.

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