Publié le 24 février 2026 à 02h43. La série télévisée égyptienne « Les Compagnons de la Terre », diffusée pendant le Ramadan 2026, suscite une vive controverse en Israël, où elle est perçue comme une prise de position politique dans un contexte de tensions liées au conflit à Gaza.
Les médias israéliens ont exprimé leur indignation face à cette production, la qualifiant de « démarche politique calculée » du Caire. Dès le lancement de sa campagne promotionnelle, la série a été critiquée pour sa représentation de la guerre et son accent sur la souffrance palestinienne, accusée d’ignorer le récit des événements du 7 octobre.
La chaîne israélienne 12 a estimé que la production et la diffusion de cette œuvre sur les chaînes égyptiennes avaient des dimensions politiques, craignant qu’elle n’atteigne des dizaines de millions de téléspectateurs dans le monde arabe et ne renforce le récit palestinien. Selon les statistiques officielles, le conflit à Gaza a causé la mort de plus de 72 073 personnes, dont une majorité d’enfants et de femmes, et fait plus de 171 749 blessés.
Produite par United Company et réalisée par Peter Mimi, la série met en scène une histoire d’amour née de la souffrance dans un contexte de guerre, où la survie est présentée comme une « forme de victoire ». Le scénario, développé par Mohamed Hisham Abiya, et la réalisation ont été confiés à Ammar Sabry, qui a bénéficié, selon ses propres dires, d’une totale liberté créative.
La distribution de la série comprend des acteurs de renom tels que Iyad Nassar, dans le rôle de Nasser, un Palestinien qui tente de sauver son neveu Younis, et Menna Shalaby, interprétant Salma, une médecin égyptienne venue en aide dans la bande de Gaza. L’artiste palestinien Kamel Al-Basha, Adam Bakri et Issam Al-Saqqa font également partie du casting.
Pour garantir un réalisme maximal, l’équipe de production a choisi de ne pas utiliser d’images d’archives, mais de reconstruire à l’identique les décors représentant les destructions à Gaza. Ammar Sabry a déclaré que Peter Mimi lui avait donné carte blanche :
« Rêvez et écrivez ce que vous voulez. »
Ammar Sabry, scénariste
Iyad Nassar a souligné que la décision de produire cette œuvre dépassait la simple logique commerciale, visant à offrir une œuvre profondément humaine et à témoigner pour l’histoire. Il a affirmé que la série présentait
« une parole honnête pour l’histoire »
Iyad Nassar, acteur, la considérant comme un document artistique exprimant les espoirs et les souffrances du peuple palestinien.