Publié le 10 février 2026 09:25:00. Le gouvernement israélien a approuvé une série de mesures controversées visant à faciliter l’implantation de colonies en Cisjordanie occupée et à renforcer le contrôle des autorités israéliennes sur les Palestiniens, suscitant une vague de condamnations internationales.
- Le cabinet de sécurité israélien a supprimé des réglementations entravant l’achat de terrains par des citoyens juifs en Cisjordanie.
- Israël se donne le droit de gérer certains lieux religieux et d’intensifier la surveillance et l’application de la loi dans les zones administrées par l’Autorité palestinienne.
- La décision est perçue par les Palestiniens et la communauté internationale comme une annexion de facto et une menace pour la solution à deux États.
Ces mesures interviennent dans un contexte de tensions persistantes en Cisjordanie, territoire que les Palestiniens revendiquent pour la création d’un État indépendant. Une grande partie de ce territoire est sous contrôle militaire israélien, l’Autorité palestinienne (AP), soutenue par l’Occident, exerçant une autonomie limitée dans certaines zones.
Selon les ministres des Finances, Bezalel Smotrich, et de la Défense, Israel Katz, les nouvelles directives lèvent des obstacles réglementaires datant de plusieurs décennies qui empêchaient les citoyens juifs d’acquérir des terres en Cisjordanie. Elles autorisent également les autorités israéliennes à étendre leur influence sur certains sites religieux et à renforcer la surveillance et l’application de la loi dans les zones administrées par l’AP, notamment en matière de risques environnementaux, de crimes liés à l’eau et de protection des sites archéologiques.
Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a fermement dénoncé ces mesures, les qualifiant de
« dangereuses, illégales et équivalentes à une annexion de facto. »
Mahmoud Abbas, président palestinien
Bien que l’administration américaine ait exclu l’annexion formelle de la Cisjordanie par Israël, l’ancien président Donald Trump n’a pas freiné la construction rapide de colonies israéliennes, perçue par les Palestiniens comme un obstacle majeur à la création d’un État viable. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, dont la coalition au pouvoir est composée de nombreux partisans de la colonisation, considère la création d’un État palestinien comme une menace pour la sécurité d’Israël et envisage l’annexion de la Cisjordanie, territoire conquis lors de la guerre de 1967 et auquel Israël revendique des liens historiques et bibliques.
En 2024, la Cour internationale de Justice, la plus haute juridiction des Nations Unies, a rendu un avis consultatif non contraignant concluant que l’occupation israélienne des territoires palestiniens et l’implantation de colonies y sont illégales et doivent cesser dans les meilleurs délais. Israël conteste fermement cette opinion.
Rejet international des mesures
L’annonce de ces mesures a provoqué une réprobation généralisée au niveau international. La Maison Blanche a réaffirmé son opposition à l’annexion de la Cisjordanie par Israël, soulignant que
« Une Cisjordanie stable garantit la sécurité d’Israël et est conforme à l’objectif de cette administration de parvenir à la paix dans la région. »
Maison Blanche
Le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, s’est également déclaré « profondément préoccupé » par la décision d’Israël de réformer l’administration de la Cisjordanie occupée, appelant les autorités israéliennes à faire marche arrière. Il a dénoncé une mesure
« coercitive »
qui
« érode »
les perspectives d’une solution à deux États, selon son porte-parole, Stéphane Dujarric.
Huit pays arabes et musulmans, dont l’Arabie saoudite, le Qatar et l’Égypte, ont également condamné la
« décision illégale »
d’Israël de réformer l’administration de la Cisjordanie occupée, en élargissant ses pouvoirs pour autoriser la construction de colonies, la confiscation de terres ou la gestion de sites religieux.
L’Espagne s’est jointe à ce concert de critiques, affirmant que
« Ces mesures et toute tentative d’annexion sont inacceptables et mettent en péril les efforts actuels pour mettre en œuvre le Plan de paix et le cessez-le-feu, augmentant ainsi le risque de déclencher une nouvelle vague de violence. »
Ministère des Affaires étrangères espagnol