NOTE DE LA RÉDACTION : Le récapitulatif ci-dessous contient des spoilers pour la saison 2, épisode 3 de « Watson ».
À quatre épisodes de la fin de sa deuxième saison, la série « Watson » peine toujours à surmonter les écueils qui avaient déjà marqué sa première salve. Après un épisode précédent notablement plus réussi et cohérent que la plupart des autres, l’épisode 4 se révèle être un assemblage décousu d’idées inachevées et d’une « évolution » des personnages plus que discutable.
Malgré cette inégalité flagrante, le principal atout de la série résidait jusqu’alors dans le personnage du Dr. Watson, incarné avec un charme indéniable par Morris Chestnut, le rendant intrinsèquement sympathique. Pourtant, l’épisode « Happy When It Rains » semble éroder ces qualités pour tenter de redresser l’une des intrigues les plus maladroites de la série. Lorsque l’ensemble est déjà constitué de concepts flous et de personnages esquissés, il est d’autant plus décevant de voir s’altérer la seule trame narrative qui semblait porter ses fruits.
L’épisode s’articule autour de deux fils conducteurs principaux. Le premier suit Shinwell Johnson (Ritchie Coster) dans sa nouvelle vie d’étudiant infirmier, confronté à une épidémie parmi ses patients suite à une tornade. Le second voit Watson et Mary Morstan (Rochelle Aytes) revivre indépendamment les prémices de leur relation, évoquant avec nostalgie leur premier baiser sous une averse sur un toit. Cette seconde trame aurait pu être le souffle salvateur dont la série a désespérément besoin, d’autant que la chimie entre Watson et Mary constitue le seul véritable point fort du programme. Malheureusement, l’exécution laisse à désirer.
Au début de l’épisode, Watson tente maladroitement de dissimuler ses sentiments envers Laila (Tika Sumpter) à Adam (Peter Mark Kendall), prétextant son absence pour un voyage d’affaires. Pendant ce temps, il ignore ostensiblement les appels de celle-ci, alors même qu’elle aurait toutes les raisons de le contacter, Watson se trouvant au cœur des dégâts causés par une tornade. Cette approche dépeint un Watson peu préoccupé, voire indifférent, ce qui contraste fortement avec son attitude de l’épisode précédent, où il semblait encore vouloir sauver sa relation avec Laila.
Le personnage d’Adam se retrouve quant à lui prisonnier d’une intrigue confuse. Sa relation avec Lauren (Amanda Crew), ex-petite amie de son frère jumeau, était restée marginale dans la saison 1, servant principalement de ressort dramatique. Soudain, l’épisode 4 présuppose une planification de mariage entre Adam et Lauren, et des hésitations chez Adam, sans jamais avoir établi ces éléments à l’écran. C’est une nouvelle illustration de ces intrigues prometteuses qui se déroulent hors champ.
Ces doutes prénuptiaux sont rapidement exacerbés par l’annonce de la grossesse de Lauren. Adam feint l’enthousiasme, avant de confier à Stephens son désarroi, révélant ne pas souhaiter d’enfants malgré ses affirmations antérieures à Lauren. Si les remises en question concernant la parentalité sont humaines, la série n’a jamais pris le soin d’explorer ces doutes chez Adam, ni de les suggérer au spectateur. Cette révélation, tombée du ciel, rend le personnage d’Adam antipathique, à l’instar de l’attitude ambiguë de Watson face à Laila. La série semble dépeindre ses personnages féminins comme de simples faire-valoir dans des drames masculins, rendant ces intrigues creuses par manque de développement émotionnel.
L’épisode ne propose aucune résolution concrète pour cette trame, si ce n’est qu’Adam semble se résigner à accepter la situation. Compte tenu du style prévisible de la série, on peut s’attendre à une fausse couche au moment où Adam réalisera son désir d’enfant, ou à une rupture entraînant un père défaillant. L’arc narratif secondaire, centré sur un couple désireux d’avoir un enfant au point d’envisager une gestation pour autrui, rend la première hypothèse la plus probable.
À l’inverse, Shinwell Johnson, personnage pourtant central dans la saison 1, bénéficie d’un développement plus approfondi cette saison, s’émancipant des scènes uniquement liées à Watson. Son nouveau parcours professionnel en tant qu’étudiant infirmier est exploré, soulignant son dévouement et la sympathie qu’il suscite auprès de ses patients et de ses collègues, comme l’infirmière DeCosta (Margot Bingham).
Dans l’épisode 4, Shinwell est le premier à identifier un lien entre trois patients développant une rare bactérie nécrosante suite à la tornade. Il noue une relation particulière avec Ben, un lycéen dont la carrière sportive est menacée par une amputation. C’est lui qui alerte sur la gravité de la situation, apportant un regard neuf malgré la surcharge de travail.
Ce qui rend cette intrigue particulièrement frustrante, c’est la prévisible destruction de la bonne volonté ainsi bâtie. La remarque anodine de DeCosta, affirmant que le passé de Shinwell importe peu tant qu’il est un bon infirmier, laisse présager une fin des plus pessimistes. Si un tel dénouement venait à se confirmer, ce serait dommage pour ce personnage, sans doute le plus sous-estimé de la série, à qui un peu de succès aurait été bénéfique.
Au final, cet épisode s’avère décevant, surtout en comparaison avec l’épisode précédent qui marquait une amélioration, malgré quelques choix étranges. La tendance de « Watson » à lancer des intrigues sans véritablement ancrer l’attachement du spectateur, tout en sacrifiant le développement de ses personnages, en fait l’une des séries les plus singulières du paysage télévisuel actuel. Son potentiel n’est jamais pleinement exploité, les meilleures histoires semblant se dérouler hors champ.