Publié le 14 octobre 2025 (modifié le 14 octobre 2025 | 08:22). L’Italie et Israël s’affrontent sur le terrain de football d’Udine dans un contexte tendu, marqué par un important dispositif de sécurité et une manifestation pro-palestinienne massive qui coïncide avec le « Jour de la Paix ».
Alors que le stade Friuli d’Udine se prépare à accueillir le match de qualification pour la Coupe du Monde entre l’Italie et Israël, la ville se trouve au cœur d’une double confrontation. Sur la pelouse, une rencontre sportive à enjeu, dans un stade dont la capacité est réduite. En dehors, un rassemblement de protestation, centré sur la question palestinienne, qui s’annonce tout aussi suivi.
Les estimations font état de dix mille supporters dans les tribunes, mais aussi d’environ dix mille manifestants pro-Palestine dans les rues du centre-ville. Un cortège était prévu en milieu d’après-midi, annonçant une journée sous haute tension pour la ville, déjà choisie par le passé pour sa capacité à gérer des événements sensibles.
Il y a exactement un an, le 14 octobre 2024, les mêmes équipes s’étaient déjà rencontrées sur ce même terrain dans le cadre de la Ligue des Nations. Cependant, le contexte sécuritaire de ce match est considérablement différent. L’Observatoire national des événements sportifs a classé la rencontre en catégorie 4, le niveau maximal, craignant des infiltrations de groupes extrémistes susceptibles de provoquer des troubles.
En conséquence, un déploiement de sécurité exceptionnel a été mis en place : un millier d’hommes – policiers, carabiniers, gendarmes et militaires – sont mobilisés. Des hélicoptères et des drones survoleront la ville et le stade. Un quartier entier a été bouclé, et les abords de l’hôtel où réside la délégation israélienne, ainsi que la zone du stade, sont déclarés « zones interdites ».
Des mesures strictes ont été prises par arrêté préfectoral. Des interdictions de vente de verre, de récipients en céramique ou en étain sont en vigueur dans les bars, restaurants et kiosques, à l’intérieur comme à l’extérieur du périmètre sécurisé. Les commerçants ont dû retirer mobilier et décorations de leurs terrasses.
La manifestation, organisée par le Comité pour la Palestine d’Udine et la Communauté Palestinienne du Frioul-Vénétie Julienne et de Vénétie, a recueilli le soutien de près de trois cents collectifs, associations et mouvements. Les appels du gouvernement à suspendre ce rassemblement, suite à la trêve conclue à Gaza, semblent avoir été ignorés.
« Ce n’est pas une garantie de paix et de justice. En fait, il y a eu très peu d’améliorations : des dizaines de Palestiniens tués après la trêve et le Liban bombardé le troisième jour. »
Andrea Di Lenardo, conseiller municipal
Les organisateurs ont justifié leur maintien : « Ce n’est pas une garantie de paix et de justice », a déclaré Andrea Di Lenardo, conseiller municipal et l’un des promoteurs de la manifestation, évoquant de nouvelles victimes palestiniennes et des bombardements au Liban. Amnesty International Italie, qui prévoit d’être présente au cortège avec son porte-parole Riccardo Noury, appelle quant à elle la FIFA et l’UEFA à exclure l’équipe nationale israélienne des compétitions internationales.
Au sein du stade, la rencontre sera suivie par des personnalités politiques, dont le gouverneur du Frioul-Vénétie Julienne, Massimiliano Fedriga, et les ministres Andrea Abodi et Luca Ciriani.
« Ça n’a pas de sens de continuer à bloquer les villes alors que la paix est en train de se réaliser, c’est absurde et hors du temps. »
Luca Ciriani, ministre
Le ministre Luca Ciriani a qualifié de « hors du temps » le maintien de la manifestation, tandis que le maire d’Udine, Alberto Felice De Toni, a exprimé son malaise face à cette coïncidence. Il a annoncé qu’il ne participerait ni au match ni au cortège, préférant se rendre à une veillée de prière organisée par Mgr Lamba, adoptant ainsi une « troisième voie ».
« Je dois admettre que la situation est embarrassante, tant pour la manifestation que pour la veillée organisée avant l’accord. Cependant, Udine s’affirme comme une ville de paix, je rêve d’accueillir un jour Israël-Palestine. En attendant, allez en Italie, nous ne supportons plus d’être exclus de la Coupe du monde. »
Alberto Felice De Toni, maire d’Udine
Interrogé sur la coïncidence de la manifestation avec le « Jour de la Paix », le maire a reconnu une situation « embarrassante », tout en réaffirmant la vocation d’Udine à être une ville de paix. Il a conclu en exprimant l’espoir d’une future rencontre Israël-Palestine, et par une pique sportive : « nous ne supportons plus d’être exclus de la Coupe du monde ».