Publié le 6 février 2026 à 12h49. Alors que les documents relatifs à l’affaire Jeffrey Epstein continuent de faire l’objet d’un examen minutieux, une équipe de citoyens s’est mobilisée pour analyser les millions de pages publiées, révélant potentiellement de nouveaux détails sur un réseau complexe.
- Des citoyens du monde entier participent à l’analyse des documents de l’affaire Epstein.
- Ellie Leonard, une ancienne enseignante, a quitté son emploi pour se consacrer à cette tâche.
- L’objectif principal est de donner une voix aux victimes et de valider leurs témoignages.
L’affaire Epstein, qui a refait surface avec la publication de nouveaux documents, suscite un intérêt croissant du public. Au-delà des médias traditionnels, une communauté grandissante de journalistes citoyens s’est lancée dans l’examen approfondi de ces archives, notamment grâce à la publication le 30 janvier d’un nouveau volume comprenant trois millions de pages, 180 000 images et 2 000 vidéos. Parmi les noms cités figurent des personnalités connues comme Richard Branson, Bill Gates et Elon Musk, bien qu’il n’y ait aucune indication que leur présence dans les documents implique une quelconque implication dans des activités illégales.
À l’initiative de ce travail de recherche citoyen se trouve Ellie Leonard, une Américaine qui a décidé de consacrer son temps à l’analyse de ces documents. « Je dois accepter le fait que je ne peux pas parcourir les 3,5 millions de pages », a-t-elle déclaré à la BBC. Son engagement est né d’une première investigation sur les liens entre Jeffrey Epstein et Donald Trump, motivée par un intérêt pour la justice sociale et une opposition aux politiques de l’ancien président américain.
Face à l’ampleur de la tâche, Ellie Leonard a rapidement réalisé qu’elle ne pouvait pas mener cette analyse seule. Elle a lancé un appel à l’aide qui a trouvé un écho favorable à travers le monde. « Les gens ont répondu à mon appel », témoigne-t-elle. Plus de 1 000 volontaires, originaires de pays aussi divers que la Corée du Sud et la Norvège, se sont joints à son projet via la plateforme en ligne Substack. Ces contributeurs, aux compétences variées allant de la psychanalyse à la métrique des données en passant par le droit, apportent une expertise précieuse à l’analyse des documents.
L’approche de ce groupe de citoyens se distingue par sa méthode d’investigation. Plutôt que de se concentrer sur les éléments les plus médiatisés, souvent présents en début de fichiers, Ellie Leonard encourage ses collaborateurs à explorer les documents de manière plus aléatoire, en commençant par le milieu ou la fin. « Tout est compliqué », explique-t-elle, soulignant l’importance de comparer les notes, d’identifier les lacunes et d’éviter les doublons.
Pour Ellie Leonard, l’objectif principal est de donner une voix aux victimes et de valider leurs témoignages. Elle aborde l’analyse des documents avec une conviction forte :
« Lorsque des femmes ou des survivants se manifesteront et raconteront leur histoire, je les croirai. Je leur accorderai le bénéfice du doute. »
Ellie Leonard, investigatrice citoyenne
Elle estime que les détails les plus significatifs se cachent souvent dans les échanges de courriers électroniques, les communications internes et les petits fragments de preuves, qui servent de « reçus » aux récits des survivants. Elle cite l’exemple de Maria Farmer, une artiste qui avait alerté le FBI en 1996 sur les agissements d’Epstein. La publication récente des documents du FBI a confirmé les déclarations de Farmer, corroborant ainsi son témoignage après des décennies de silence.
« Il faut que ces survivants tournent la page et qu’ils obtiennent justice », conclut Ellie Leonard, convaincue que la vérité se trouve dans ces archives et que son travail, ainsi que celui de ses collaborateurs, contribuera à la faire éclater.
Source des images, Reuters