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«Je suis né à Londres entouré de Jamaïcains»

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Lorenzo Barbero, alias Loremba, est un pilier de la scène reggae nationale, dont la musique résonne bien au-delà des frontières espagnoles. Installé à Torrevieja depuis près de quatre décennies, cet artiste aux multiples facettes, né à Londres en 1975, partage son expérience et son savoir-faire à travers son propre label, dédié à l’accompagnement de jeunes talents. Rencontre avec un musicien aux racines profondes et aux projets tournés vers l’avenir.

Dès son plus jeune âge, Lorenzo Barbero a manifesté une passion précoce pour le rythme. « Enfant, je m’amusais déjà à créer des sons avec les ustensiles de cuisine de ma mère », confie-t-il. Cette inclination s’est rapidement concrétisée par des cours de piano dès l’âge de sept ans, marquant le début d’une formation musicale éclectique qui s’est enrichie au fil des années.

La fascination de Loremba pour le reggae n’est pas le fruit du hasard. Né et élevé dans un quartier londonien aux fortes influences jamaïcaines, le reggae a imprégné son environnement sonore dès le plus jeune âge. « C’est dans mon ADN depuis le ventre de ma mère », affirme-t-il. Sa pratique du reggae remonte aussi loin que ses souvenirs.

Au cours de sa carrière, Lorenzo Barbero a exploré et s’est nourri des cultures musicales de nombreux pays. Cette soif d’apprendre l’a mené à étudier le solfège, les percussions, le chant et la batterie, mais aussi le théâtre à l’École Supérieure d’Art Dramatique (ESAD) de Murcie, avec une spécialisation en performance musicale. Aujourd’hui, il manie plusieurs instruments, prête sa voix à ses compositions et met son studio d’enregistrement au service d’autres artistes.

Sa vision de la musique est singulière : « Je pense que ma musique n’est pas la mienne, c’est la musique qui m’utilise. Je ne suis qu’un canal de transmission qui communique un message qui vient d’en haut », explique-t-il. Cette approche se reflète dans ses performances scéniques, qu’il qualifie d’interactives. Loin de toute compétition, le reggae est pour lui un art du partage. « Dans ce pays, le musicien est sous-estimé et abandonné », déplore-t-il, contrastant avec une meilleure considération politique de la profession dans d’autres pays européens. Sur scène, il invite le public à chanter, à devenir une chorale, recherchant « un éveil total des consciences ».

Partager ses connaissances est une source de satisfaction profonde pour Loremba, qui a dispensé des cours de chant et de batterie. Il cite volontiers l’exemple de Naty Peluso, qu’il a conseillée sur la production et la promotion de sa carrière. « C’était quelques conversations, mais cette artiste est aujourd’hui très connue », souligne-t-il.

Lors de ses voyages musicaux, de l’Afrique à l’Asie, Lorenzo Barbero a toujours trouvé une richesse culturelle et traditionnelle à chaque étape. Il garde un souvenir ému des « Cora » du Sénégal et des hochets de Taiwan. Ces expériences ont forgé sa perception de la place du musicien dans la société.

Un autre projet qui lui tient à cœur est la fondation Jahspora, basée à Dakar, au Sénégal. Cette initiative vise à montrer aux jeunes d’Afrique de l’Ouest que leur avenir réside dans le développement local, et non dans l’émigration vers l’Europe. La fondation propose ainsi des formations musicales et des ateliers agricoles, afin de cultiver les talents et de favoriser l’autosuffisance.

Au fil de sa carrière, Loremba a partagé la scène avec des artistes de renom tels que Macaco ou Ky-Many Marley. Il garde des souvenirs marquants de ces collaborations, notamment une rencontre en 2014 avec Damian Marley qui lui aurait dit : « Tu es l’un de nos guerriers ». Plus récemment, en 2023, il a enregistré un titre en Jamaïque avec Andrew Tosh, fils de Peter Tosh.

Les projets futurs de Loremba incluent une tournée en Gambie et au Sénégal en novembre, suivie d’un séjour en Jamaïque entre janvier et mars pour l’enregistrement de son prochain album. Ses œuvres sont disponibles en partie sur des plateformes comme YouTube et SoundCloud, mais il invite ses auditeurs à le contacter via les réseaux sociaux pour accéder à ses trois albums déjà parus et à son prochain opus.

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