L’humoriste John Kearns explore la douleur d’une rupture amoureuse dans son nouveau spectacle, « Tilting at Windmills », présenté au théâtre The Crescent à York. À travers un mélange d’autodérision et de références littéraires, l’artiste interroge le sens de sa situation actuelle.
À 39 ans, John Kearns se retrouve désorienté après la fin d’une relation de 12 ans avec la mère de son fils. Le spectacle dépeint un homme plus colérique que d’ordinaire, contraint de retourner vivre chez ses parents tout en cherchant un appartement avec pessimisme, et confronté à des agents immobiliers peu inspirés.
Pour structurer ce chaos personnel, l’humoriste s’appuie sur un motif inhabituel : le poème moderniste de T.S. Eliot, The Waste Land. Des extraits sonores de l’œuvre, lus par Alec Guinness, ponctuent la performance. Ce procédé crée un contraste saisissant — un effet de bathos — entre la haute culture littéraire et la banalité du quotidien.
Le spectacle alterne ainsi entre les mystères ineffables de l’existence et des scènes triviales, comme des courses chez Aldi avec sa mère ou un moment de vulnérabilité sous une douche défectueuse. Cette tension se retrouve également dans l’évocation d’une anxiété liée à la classe sociale, déclenchée par la remarque d’un chroniqueur sur les machines à laver.
Par ailleurs, Kearns revient sur des souvenirs personnels, notamment une rencontre Adolescente embarrassante avec l’ancien Premier ministre Tony Blair, qui était venu assister à sa pièce de théâtre scolaire. Cette approche fragmentée, rappelant la structure du poème d’Eliot, permet à l’artiste de naviguer entre ses regrets domestiques et ses réflexions existentielles.