Publié le 14 octobre 2025 13:28:00. L’ancien PDG d’Apple, John Sculley, alerte sur la menace concurrentielle représentée par OpenAI, estimant qu’Apple prend du retard dans la course à l’intelligence artificielle, un secteur où l’entreprise n’a jamais excellé.
- John Sculley, qui a dirigé Apple de 1983 à 1993, considère OpenAI comme le premier véritable concurrent d’Apple depuis des décennies.
- Il souligne qu’Apple a été surpris par l’avènement de ChatGPT et que sa stratégie « Apple Intelligence » peine à convaincre.
- L’arrivée de Jony Ive, ancien designer emblématique d’Apple, chez OpenAI renforce selon lui le potentiel de ce dernier.
Lors de la conférence Zeta Live à New York, John Sculley a partagé ses inquiétudes quant à la position d’Apple dans le domaine de l’intelligence artificielle. « L’IA n’a jamais été un point fort pour eux », a-t-il déclaré à Fortune, mettant en garde contre le fait que les avancées rapides des entreprises technologiques en IA perturbent l’écosystème d’Apple.
La pression monte sur les épaules de la firme de Cupertino. Wall Street s’attend à ce qu’Apple réalise des percées similaires à celles de ses concurrents du groupe des « Magnificent Seven » et d’autres sociétés privées dans le domaine de l’IA. Bien qu’Apple ait tenté de rattraper son retard en lançant Siri en 2011 et en recrutant John Giannandrea, un ancien responsable de Google, en 2018 pour diriger sa division IA, l’entreprise semble avoir été prise de court. La sortie de ChatGPT par OpenAI en 2022 a marqué un tournant, et la présentation de la stratégie « Apple Intelligence » en juin 2024 n’a pas convaincu.
Les retards dans les mises à jour de Siri, désormais prévues pour 2026, et le départ de John Giannandrea du projet témoignent des difficultés rencontrées. Pire encore, Apple envisagerait de s’appuyer sur la technologie d’OpenAI ou d’Anthropic pour faire fonctionner Siri, marquant un revirement notable par rapport à ses modèles internes.
Même les récents excellents résultats financiers d’Apple n’ont pas suffi à apaiser les inquiétudes des investisseurs, qui s’interrogent non seulement sur l’adoption de l’IA mais aussi sur l’impact des droits de douane élevés, qui ont coûté 800 millions de dollars à l’entreprise au trimestre précédent.
Tim Cook, le PDG actuel, assure pourtant que des mesures sont prises pour restructurer les équipes et acquérir des sociétés afin de combler le fossé technologique. « Nous avons une excellente équipe et nous y mettons toute notre énergie », a-t-il affirmé lors de la dernière publication des résultats. Cependant, l’action Apple n’a progressé que d’environ 1 % depuis le début de l’année, contrastant fortement avec la hausse de près de 40 % de Nvidia, leader des puces IA, et des 22 % de Microsoft, acteur majeur de l’IA et investisseur dans OpenAI.
Malgré une augmentation de la capitalisation boursière d’Apple, passant de 300 milliards à 3,2 billions de dollars sous la direction de Tim Cook, certains analystes ont appelé le PDG à se retirer face aux performances jugées mitigées en matière d’IA.
John Sculley, dont le mandat à la tête d’Apple s’est étendu de 1983 à 1993, reconnaît la possibilité d’un changement de leadership. Selon lui, le successeur de Tim Cook devra guider l’entreprise d’une focalisation sur les applications vers une orientation axée sur l’IA agentique.
OpenAI, une menace qui prend forme
C’est cette transition vers l’IA agentique qui amène John Sculley à considérer OpenAI comme une menace sérieuse pour la compétitivité d’Apple. Il explique que les applications traditionnelles ne sont plus aussi rentables qu’un modèle d’abonnement, un modèle qu’OpenAI exploite habilement avec ChatGPT.
« Quand les applications étaient au centre de tout, il s’agissait de vendre des outils et des produits. Quand on pense à l’abonnement, il s’agit pour les gens de payer quelque chose aussi longtemps qu’ils en ont besoin. »
John Sculley, ancien PDG d’Apple
OpenAI bénéficie également d’un atout de poids : Jony Ive, l’ancien responsable du design chez Apple. Son intégration dans l’entreprise de Sam Altman, dans le cadre d’une acquisition de 6,5 milliards de dollars de sa startup Io, est significative. Fort de près de 30 ans d’expérience chez Apple, où il a joué un rôle clé dans l’évolution technologique de l’entreprise, notamment avec l’iMac, l’iPod, l’iPhone et l’iPad, Ive pourrait apporter une dimension cruciale aux grands modèles de langage (LLM) d’OpenAI.
« C’est lui qui a réellement conçu et construit l’iMac, l’iPod, l’iPhone et l’iPad. S’il y a quelqu’un qui sera probablement capable d’apporter cette dimension aux LLM, dans ce cas OpenAI, ce sera probablement Jony Ive, travaillant avec Sam Altman. »
John Sculley, ancien PDG d’Apple
Jony Ive est d’ailleurs chargé de développer les appareils d’IA d’OpenAI, une extension matérielle née de l’acquisition d’Io. Il a récemment évoqué auprès de Sam Altman lors de la conférence DevDay de l’entreprise :
« Cet élan nous a amenés à créer 15 à 20 idées de produits vraiment convaincantes. Le défi est de se concentrer. Ce serait facile si vous saviez qu’il y en a trois bons. Ce n’est tout simplement pas comme ça. Nous concevons une famille de produits. Et nous essayons de nous assurer que nous sommes judicieux et réfléchis dans ce sur quoi nous nous concentrons et de ne pas nous laisser distraire. »
Jony Ive, designer