Home International José Jerí rejoindra-t-il la liste des présidents limogés au Pérou ? Le Congrès se réunira pour prendre une décision

José Jerí rejoindra-t-il la liste des présidents limogés au Pérou ? Le Congrès se réunira pour prendre une décision

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Publié le 16 février 2024 18h55. Le Pérou est à nouveau plongé dans une crise politique majeure alors que le Congrès s’apprête à voter des motions de censure contre le président par intérim José Jerí, seulement quatre mois après sa prise de fonction.

  • Le président péruvien par intérim, José Jerí, risque d’être destitué par le Congrès suite à une série de motions de censure.
  • Des enquêtes pour trafic d’influence et enrichissement illicite pèsent sur le chef de l’État, notamment après la révélation de rencontres secrètes avec des hommes d’affaires.
  • Ce potentiel limogeage marquerait le huitième changement de président au Pérou en moins de dix ans, à quelques semaines des élections générales.

La situation politique au Pérou est plus que jamais instable. José Jerí, arrivé au pouvoir en octobre dernier après la destitution de Dina Boluarte, pourrait être contraint de quitter ses fonctions si les motions de censure déposées par les partis conservateurs sont adoptées. Initialement favorables à son accession à la présidence, ces mêmes partis semblent désormais vouloir prendre leurs distances, à l’approche des élections générales.

Les accusations portées contre José Jerí sont graves. Le parquet péruvien a ouvert une enquête pour trafic d’influence, après la diffusion de vidéos le montrant dînant en catimini, le 26 décembre dernier, avec l’homme d’affaires Zhihua ‘Johnny’ Yang, dans un restaurant chinois (un « chifa ») de Lima. Les images, captées par des caméras de surveillance, montrent Jerí arrivant cagoulé, visiblement soucieux de ne pas être reconnu. Des faits troublants sont également révélés concernant le recrutement de fonctionnaires féminines, dont certaines auraient rencontré le président au Palais du Gouvernement, même pendant la nuit d’Halloween, selon les registres officiels.

L’ascension politique de José Jerí a été fulgurante. Élu député suppléant en 2021 pour remplacer l’ancien président Martín Vizcarra, il a rapidement gravi les échelons, passant de simple parlementaire à président du Congrès, puis à la présidence de la République après la destitution de Dina Boluarte. Son parcours atypique suscite aujourd’hui de nombreuses interrogations.

Avant d’accéder à la présidence du Congrès, Jerí avait déjà été visé par des accusations. Le procureur général par intérim, Tomás Gálvez, avait déposé une plainte pour viol, datant de fin 2024, et l’avait également accusé d’enrichissement illicite, alléguant qu’il aurait demandé des pots-de-vin en échange de son soutien à des projets de loi.

José Jerí se défend en arguant que sa révocation nécessiterait les deux tiers des voix au Congrès (87 sur 130), comme l’exige la Constitution pour les présidents élus au suffrage universel. Il souligne également qu’une loi adoptée par le Congrès stipule que le président de la République ne perd pas automatiquement son statut de président du Congrès en cas de destitution. Cependant, les motions de censure déposées visent à le destituer de ses fonctions de président du Congrès, ce qui entraînerait automatiquement sa perte de l’investiture présidentielle.

Si les motions de censure aboutissent, la question de la succession se posera avec acuité. Le nom de Maricarmen Alva, figure de droite controversée qui a déjà présidé le Congrès en 2021 et a joué un rôle clé dans l’opposition au président de gauche Pedro Castillo, circule comme le nom le plus probable pour lui succéder.

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