Publié le 24 février 2026 21:22:00. Kinectify, une entreprise spécialisée dans la lutte contre le blanchiment d’argent (LCB), se positionne comme un acteur clé pour moderniser les systèmes de conformité dans l’industrie du jeu, confrontée à des exigences réglementaires croissantes similaires à celles du secteur bancaire il y a une décennie.
L’industrie du jeu est désormais tenue de respecter les mêmes normes rigoureuses que les institutions financières en matière de LCB, mais elle manque souvent des outils nécessaires pour y parvenir. C’est ce manque à combler que Kinectify s’est donné pour mission, en offrant une plateforme configurable qui intègre les données dans une vue et un flux de travail uniques.
Selon Joseph Martin, PDG de Kinectify, le secteur du jeu est en pleine phase de modernisation, un processus souvent déclenché par des mesures coercitives et des incidents de sécurité.
« Le secteur traverse actuellement un cycle de modernisation que le secteur bancaire a réellement traversé il y a environ 10 à 15 ans. Je pense qu’il est vraiment important d’encadrer cela, qu’une grande partie de cette modernisation se produit après des mesures coercitives, où il y a ces grandes mesures de lutte contre le blanchiment d’argent, le ciblage et les incidents de cybersécurité qui se sont produits chez ces grands opérateurs. Ensuite, c’est un signal d’alarme lorsqu’ils examinent leurs systèmes, ils examinent leurs processus et décident qu’il est temps de franchir cette étape et cet investissement. »
Fondée en 2020, Kinectify est née de la conviction que les opérateurs de jeux avaient besoin de services spécialisés en LCB, mais manquaient souvent de la capacité interne pour les gérer efficacement. Joseph Martin, qui possède une vaste expérience dans la lutte contre le blanchiment d’argent, notamment chez Caesars en tant qu’enquêteur LCB, a créé l’entreprise pour répondre à ce besoin.
Kinectify se distingue par son équipe composée de professionnels et de technologues spécialisés en LCB, ainsi que par un conseil d’administration incluant d’anciens cadres de Microsoft et des experts en capital-risque. L’entreprise bénéficie également du soutien d’acteurs importants de l’industrie du jeu.
La loi sur le secret bancaire de 1970 impose aux institutions financières, y compris les opérateurs de jeux, d’aider le gouvernement à détecter et à prévenir le blanchiment d’argent et autres délits financiers. Joseph Martin souligne que les institutions financières ont dû se doter de systèmes de surveillance après les attentats du 11 septembre, car elles étaient utilisées pour le transfert de fonds illicites.
« (Les institutions financières) ont eu un très gros problème après le 11 septembre parce qu’elles n’avaient pas mis en place ce type de systèmes et qu’il y avait un mouvement systématique de fonds illicites à travers ces organisations. »
Il précise qu’il ne s’agit pas d’une faute intrinsèque des organisations, mais d’un manque de systèmes de surveillance appropriés.
Selon Martin, les opérateurs de jeux sont tenus de fonctionner avec le même niveau de rigueur qu’une banque, mais sans disposer des mêmes outils. Il explique que le secteur est particulièrement isolé et fortement réglementé, ce qui rend difficile pour les fournisseurs de technologie de développer des solutions AML rentables.
« Ils sont censés fonctionner avec la rigueur d’une banque, sans les outils d’une banque. »
Kinectify a déjà permis de détecter plus de 2,3 milliards de dollars d’activités suspectes, ce qui démontre l’efficacité de ses outils. L’entreprise, bien qu’elle ne desserve qu’une petite partie de l’industrie du jeu, connaît une croissance rapide. Joseph Martin estime que les régulateurs et le gouvernement fédéral s’inquiètent de plus en plus de cette transition, qui doit avoir lieu rapidement.
Contrairement à une idée reçue, le risque de blanchiment d’argent est réparti dans l’ensemble du secteur du jeu, et ne dépend pas de la taille de l’opérateur. Selon Martin, la conformité à la loi sur le secret bancaire est une obligation pour tous.
« Peu importe votre taille : vous êtes censé respecter la loi sur le secret bancaire. »
Il insiste sur le fait que le problème est davantage lié à la mise en place de systèmes efficaces qu’à un manque de personnel.
Il explique que même un petit casino doit effectuer des millions de calculs de risque chaque jour, en tenant compte de multiples facteurs. La gestion du risque est donc un défi complexe qui nécessite des outils spécialisés et une approche basée sur le risque.