Publié le 14 février 2026. L’histoire poignante de Fatma, une étudiante en droit syrienne blessée lors de bombardements à Kobani, a suscité une vague d’émotion en Turquie, où d’anciens responsables politiques demandent son évacuation sanitaire vers Ankara.
- L’ancienne députée du parti AK, Orhan Miroğlu, a appelé les ministères de la Santé et des Affaires étrangères turcs à organiser le transfert de Fatma et de sa famille en Turquie pour des soins médicaux.
- Fatma Hacı Mahmud, étudiante à l’Université de Kobani, a perdu ses deux jambes lors d’un bombardement du village de Xerabishk le 25 janvier dernier.
- Malgré sa blessure, Fatma exprime sa détermination à poursuivre ses études de droit et à défendre les droits de son peuple.
L’histoire de Fatma Hacı Mahmud, étudiante en première année de droit à l’Université de Kobani, a profondément marqué l’opinion publique turque. Suite à un reportage de Rûdaw relatant son calvaire, Orhan Miroğlu, ancien membre du Conseil exécutif du parti AK (MKYK) et ancien député de Mardin, a lancé un appel poignant aux autorités turques.
Miroğlu a exprimé sa tristesse sur les réseaux sociaux et a interpellé directement les ministères de la Santé et des Affaires étrangères. Il a suggéré l’envoi d’un avion ambulance pour assurer le transfert de Fatma et de sa famille vers la Turquie, où elle pourrait bénéficier de soins appropriés.
« On écoute les informations les larmes aux yeux et le cœur brisé ! Un village de Kobani est bombardé le matin. Fatma, étudiante en première année à la faculté de droit de l’Université de Kobani, a perdu ses jambes dans ce bombardement. Elle est tellement gênée en racontant l’histoire qu’elle ne prononce pas une seule phrase pleine de haine envers ceux qui l’ont bombardée ; elle demande simplement : ‘N’ont-ils pas eux aussi des frères et sœurs ?’ »
Orhan Miroğlu, ancien député du parti AK
Le 25 janvier dernier, des tirs d’artillerie attribués à des groupes affiliés à l’armée syrienne ont frappé le village de Xerabishk, détruisant des habitations et blessant de nombreux civils. Fatma se trouvait chez elle au moment de l’attaque et a été ensevelie sous les décombres.
Dans son témoignage à Rûdaw, Fatma a décrit les instants terrifiants qui ont suivi l’impact : « Quand j’ai ouvert les yeux, j’ai senti mon corps brûler, tout était en ruines. Mon frère m’a donné de la force en me disant : ‘Tiens bon, ne pars pas, ne meurs pas. Ma mère et mon père nous attendent au village.’ »
Malgré l’amputation de ses deux jambes, Fatma affiche une détermination remarquable. Elle aspire à devenir avocate et à défendre les droits de son peuple, victimes de ces injustices. Elle souhaite également rendre hommage à son père en poursuivant ses études.
« J’étudierai non seulement pour ma propre ambition, mais aussi pour le bien de mon père. Je veux être avocate. Je veux défendre à la fois mes propres droits et ceux de mon peuple, et m’opposer à ces injustices. »
Fatma Hacı Mahmud, étudiante en droit
La question posée par Fatma, interrogeant l’humanité des responsables de l’attaque – « La personne qui a donné cet ordre n’avait-elle pas une sœur ou une famille ? » – a particulièrement touché ceux qui ont pris connaissance de son histoire. Accueillie avec émotion par ses camarades de l’Université de Kobani, Fatma attend désormais de pouvoir se reconstruire et poursuivre son rêve.