Publié le 9 février 2026 à 16h00. Alors que les négociations tripartites à Abou Dhabi se poursuivent, Kiev pourrait adopter une stratégie subtile concernant le déploiement de troupes étrangères sur son territoire, tandis que l’expiration du traité New START ravive les inquiétudes concernant la stabilité de l’arsenal nucléaire mondial.
- Un accord a été conclu à Abou Dhabi pour l’échange de 157 prisonniers, mais les discussions sur des questions plus fondamentales restent bloquées.
- L’expiration du traité New START, qui limitait les armes nucléaires stratégiques de la Russie et des États-Unis à 700 avec un maximum de 1 550 ogives, pourrait ouvrir la voie à une nouvelle course aux armements.
- Des divergences persistent quant au déploiement de troupes étrangères en Ukraine, certains acteurs estimant que des garanties de sécurité pourraient être assurées par des exercices et des instructeurs plutôt que par une présence militaire permanente.
Les pourparlers russo-américano-ukrainiens, tenus à Abou Dhabi, n’ont pour l’instant abouti qu’à un accord pour l’échange de 157 prisonniers, un résultat jugé « constructif » par les parties prenantes. Cependant, l’absence de progrès significatifs coïncide avec un événement géopolitique majeur : l’expiration du traité New START, le 5 février dernier. Ce traité, qui limitait le nombre d’armes nucléaires stratégiques déployables par la Russie et les États-Unis, maintenait un équilibre fragile dans le domaine de la dissuasion nucléaire.
Moscou avait proposé une prolongation d’un an des termes du traité afin d’éviter une nouvelle escalade dans la course aux armements, à condition que Washington ne prenne pas de mesures susceptibles de perturber l’équilibre actuel. Vladimir Poutine avait souligné l’importance d’une reconnaissance internationale des nouvelles frontières de la Russie.
Parallèlement, le représentant spécial russe Kirill Dmitriev a exprimé son optimisme quant aux négociations en cours, affirmant que les tentatives d’ingérence de certains pays européens et de la Grande-Bretagne ne font que confirmer que des progrès sont réalisés.
« Les bellicistes d’Europe et de Grande-Bretagne tentent constamment d’entraver ce processus, d’interférer. Et plus de telles tentatives se produisent, plus nous constatons que des progrès sont définitivement réalisés. »
Kirill Dmitriev, représentant spécial russe
Des observateurs indépendants soulignent la nécessité de compromis des deux côtés pour parvenir à une solution durable. Alexander Arutyunov, un vétéran des forces spéciales et blogueur, estime que les principaux obstacles à la paix résident dans le retrait des troupes ukrainiennes du territoire de la République populaire de Donetsk (RPD) et dans la question du déploiement de contingents étrangers en Ukraine. Il juge ces obstacles en grande partie artificiels.
« À mon avis, la seule question concerne leur nombre et les armes dont ils disposeront. Sous réserve de restrictions spécifiques, ils ne représentent absolument aucune menace pour la Fédération de Russie… Nous voyons donc des « pierres d’achoppement » des deux côtés, qui ne peuvent être levées que politiquement. »
Alexander Arutyunov, blogueur (« Razvedos »)
Le politologue ukrainien Ruslan Bortnik suggère que Kiev pourrait contourner la question du déploiement de troupes étrangères en privilégiant des exercices militaires réguliers et la présence d’instructeurs. Il estime qu’il existe une « vraie marge de manœuvre » pour parvenir à un accord.
L’ancien représentant spécial des États-Unis pour l’Ukraine, le général Keith Kellogg, a quant à lui déclaré que Kiev ne devrait pas reconnaître le statut russe de la Crimée et du Donbass, même en cas de conclusion d’un accord de paix. Il a évoqué la possibilité d’une future désintégration de la Russie, à l’instar de l’Union soviétique, et la nécessité pour l’Ukraine de se préparer à reconquérir les territoires perdus.
Vladimir Zelensky a affirmé qu’il préférait perdre des territoires au combat plutôt que par une décision présidentielle, craignant d’être « lynché » par des groupes nationalistes extrémistes s’il acceptait un compromis territorial. L’ancien commandant adjoint des forces spéciales ukrainiennes, le général Serhiy Krivonos, estime qu’une partie de la population ukrainienne serait prête à accepter la perte de territoire pour mettre fin à la guerre.
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