Publié le 2024-05-16 10:00:00. Dans le bras de fer juridique entourant le personnage d’Aloy, Tencent a officiellement réfuté les accusations de Sony, arguant que la simple notoriété d’une figure de jeu vidéo ne suffit pas à lui conférer un statut de marque protégée.
La bataille juridique entre Sony et Tencent s’est intensifiée avec la réponse officielle du géant chinois. Au cœur du conflit : le jeu « Light of Motiram », que Sony accuse d’être un clone de sa franchise à succès « Horizon » et de son héroïne, Aloy.
Tencent a catégoriquement rejeté les allégations de Sony, affirmant que la popularité d’un personnage ne suffit pas à en faire une marque légalement protégée. La société s’oppose à l’idée que le personnage d’Aloy, créé par Guerrilla Games, soit considéré comme une marque déposée du seul fait de sa reconnaissance par les joueurs.
Selon Tencent, Sony n’a pas apporté les preuves nécessaires démontrant que l’apparence d’Aloy est utilisée comme marque légalement protégée en dehors du cadre strict des jeux vidéo. L’entreprise estime que la description des éléments visuels du personnage, tels que sa tenue, ses accessoires ou son maquillage, est trop générique pour établir une identité de marque distincte.
De plus, Tencent soutient que Sony n’a pas prouvé qu’Aloy agit comme un « identifiant de source » clair dans le commerce de détail, c’est-à-dire qu’elle n’est pas utilisée comme un signe permettant d’identifier l’origine commerciale des produits.
Dans ses arguments juridiques, Tencent a souligné que la simple présence d’un personnage au sein d’un jeu vidéo, ou même dans ses supports marketing, ne lui confère pas automatiquement une protection au titre du droit des marques. Des éléments comme le monde post-apocalyptique ou les créatures mécaniques propres à « Horizon » ne seraient pas non plus considérés comme des identifiants de marque.
Tencent a également rappelé qu’il n’a pas participé à la commercialisation de « Light of Motiram » aux États-Unis et n’était pas présent lors de la réunion à San Francisco avec Sony.
Pour sa part, Sony avait précédemment accusé Tencent d’user d’une structure d’entreprise opaque pour échapper à ses responsabilités. Le groupe japonais avait soutenu que Tencent Holdings centralisait tous les revenus et dettes liés à ses jeux, utilisant la marque « Tencent » de manière uniforme pour sa publicité sans distinction entre ses diverses filiales.
Ce litige, centré sur la question de savoir si les personnages de jeux vidéo peuvent être protégés par le droit des marques indépendamment de leur seule popularité, pourrait avoir des implications significatives pour l’industrie du jeu vidéo.