La Chine a consolidé sa position de premier partenaire commercial de l’Allemagne en 2025, dépassant les États-Unis grâce à un volume d’échanges en hausse, malgré les tensions commerciales et les tentatives de diversification de l’Union européenne. Cette dynamique reflète une dépendance persistante de l’économie allemande, notamment de son secteur automobile, envers le marché asiatique.
Selon les chiffres de l’Office fédéral allemand des statistiques, les échanges commerciaux entre l’Allemagne et la Chine devraient atteindre 251 milliards d’euros en 2025, soit une augmentation de 2,2 % par rapport à 2024. Les importations allemandes en provenance de Chine se sont élevées à environ 170,6 milliards d’euros, largement supérieures aux exportations vers ce pays, qui s’établissent à 81,3 milliards d’euros. En comparaison, les échanges germano-américains ont atteint 240 milliards d’euros, marquant une baisse d’environ 5 % en raison, en partie, des droits de douane instaurés sous l’administration Trump.
Ce contexte économique complexe se traduit par des visites diplomatiques et économiques de haut niveau. Récemment, le chef de file du groupe parlementaire CDU/CSU, Friedrich Merz, s’est rendu en Chine pour une visite de deux jours. Au programme : la Cité interdite, l’entreprise de robotique Unitree Robotics, ainsi que des filiales allemandes de Mercedes-Benz et Siemens Energy. Une étape à Hangzhou, dans l’est du pays, était également prévue.
La visite de M. Merz intervient alors que l’Union européenne cherche à limiter l’afflux de produits chinois, notamment en imposant des droits de douane sur les véhicules électriques depuis 2024. Cependant, ces mesures n’ont pas encore eu d’impact significatif sur les ventes. L’UE envisage également des mesures protectionnistes pour l’acier, dont la mise en œuvre est prévue plus tard dans l’année.
Le secteur automobile allemand, en particulier, entretient une relation étroite avec le marché chinois. Volkswagen considère même la Chine comme son « deuxième marché intérieur », tandis que BMW et Mercedes-Benz dépendent fortement des ventes réalisées sur place pour assurer leur croissance. Oliver Zipse, PDG de BMW, a souligné que « les défis mondiaux complexes ne peuvent être résolus que par la coopération », soulignant l’importance du dialogue.
Malgré cette dépendance, l’Allemagne et l’Union européenne s’efforcent de réduire leur dépendance vis-à-vis des approvisionnements chinois en terres rares et en minéraux critiques, tels que le lithium, essentiels à la fabrication des batteries de véhicules électriques et des technologies militaires. Néanmoins, la nécessité de préserver son industrie automobile a conduit Berlin à adopter une position plus mesurée en matière de barrières commerciales avec la Chine. L’Allemagne a ainsi voté contre l’imposition de droits de douane sur les véhicules électriques chinois en 2024 et a récemment accordé une exemption de droits de douane au SUV Cupra Tavascan, fabriqué en Chine, en échange d’un engagement sur un prix de vente minimum.
« … la politique de Donald Trump et le conflit entre les États-Unis et la Chine sont un défi historique pour l’Allemagne … »
Claudia Wessling et Bernhard Bartsch