Publié le 2025-10-30 07:31:00. L’ancien président américain Donald Trump a fustigé le « communisme », mais l’auteur de ces lignes y voit une incompréhension des réalités économiques actuelles, notamment face à la puissance de la Chine et à l’essor technologique, illustré par l’arrivée de robots chinois dans les centres commerciaux australiens.
Donald Trump a récemment attaqué l’idée d’un « communiste au pouvoir », affirmant que « cela ne marche jamais ». Il faisait allusion à Zohran Mamdani, candidat à la mairie de New York, qui se définit comme socialiste démocrate. Trump a d’ailleurs semble-t-il confondu le parcours historique, évoquant un dirigeant du Xe siècle.
Pourtant, l’auteur de ces lignes souligne que la Chine, pays officiellement communiste, est aujourd’hui une puissance économique mondiale, notamment dans le contrôle des terres rares. Ce fait semble échapper à l’ancien président américain, qui venait justement de rencontrer le Premier ministre australien pour discuter de la stratégie face au monopole chinois sur ces minéraux essentiels.
L’historien Adam Tooze décrit la Chine comme « le plus grand laboratoire moderne organisé de l’histoire ». Si le pays est dirigé par le Parti communiste depuis 76 ans, son système économique, qualifié de « communiste à la chinoise », repose sur des tactiques capitalistes pour dominer les marchés mondiaux, comme en témoigne l’éviction de la mine américaine de terres rares de Mountain Pass en 2002.
Cette domination s’inscrit dans un contexte post-Guerre Froide, où le triomphe de la démocratie libérale occidentale semblait acquis. Les États-Unis, alors sous le choc de l’effondrement de l’URSS, sous-estimaient la capacité de la Chine à se moderniser et à prospérer, notamment après son adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce en 2002.
Trump rate le « moment Spoutnik » de l’Amérique
La fermeture de la mine de Mountain Pass en 2002 aurait pu être un « moment Spoutnik » pour les États-Unis, un signal d’alarme nécessitant une réaction stratégique. L’analogie avec le lancement du satellite soviétique en 1957, qui avait catalysé des investissements massifs dans la science et la technologie américaines, est frappante.
Le 4 février 2025, la Chine a annoncé de nouvelles restrictions sur l’exportation de métaux rares et stratégiques (tungstène, tellure, etc.), un acte qui pourrait s’apparenter à un nouveau « moment Spoutnik » pour les marchés mondiaux. Ces mesures interviennent sept ans après que les États-Unis aient imposé des restrictions sur les exportations de semi-conducteurs vers la Chine, poussant cette dernière vers une autosuffisance accrue.
Face à ces manœuvres, Donald Trump a signé un décret visant à augmenter la production minérale américaine, mais cette mesure est jugée insuffisante comparée aux réponses historiques américaines, comme celle du président Eisenhower face à Spoutnik 1.
Le 4 avril, la Chine a renforcé son contrôle en instaurant un système de licences d’exportation pour sept éléments de terres rares, précisant qu’ils ne devaient pas être utilisés à des fins militaires. Cette action a contraint l’administration Trump à entamer des négociations urgentes avec l’Australie pour sécuriser des ressources alternatives.
Parallèlement, le domaine de l’intelligence artificielle révèle également la montée en puissance chinoise. La société DeepSeek a rendu publics ses modèles d’IA à un coût nettement inférieur aux offres américaines, remettant en question l’idée d’un retard chinois dans ce secteur clé.
Des robots chinois dans les centres commerciaux australiens
Le géant chinois Alibaba a récemment dévoilé un système informatique, Aegaeon, capable de réduire significativement l’utilisation des processeurs graphiques nécessaires à l’IA.
Dans les centres commerciaux australiens, on observe une nouvelle tendance : des robots humanoïdes, conçus par la société chinoise Unitree, font leur apparition. Andrew Bell, un entrepreneur australien, est à l’origine de ce projet visant à introduire ces robots dans les centres commerciaux pour la publicité et l’assistance aux clients.
Ces robots, d’une taille d’1,50 mètre, capables de marcher, parler et interagir, pourraient représenter une nouvelle source de revenus grâce à la publicité ciblée et à la location pour l’aide aux courses. Bell, qui avait initialement envisagé d’utiliser les robots d’« Optimus » de Tesla, s’est heurté à un refus de la part du constructeur américain, préférant collaborer avec la société chinoise Yushu Technology, qui s’est montrée particulièrement réceptive à ses propositions.
L’auteur de ces lignes voit dans l’émergence de ces robots chinois dans les centres commerciaux australiens une illustration concrète que le « communisme », ou du moins le système économique chinois, peut fonctionner et innover, à l’instar d’un nouveau « moment Spoutnik » qui devrait alerter les Occidentaux.