Home International La Colombie pourrait-elle avoir un secrétaire général de l’ONU? Santos et Duke, dans le hochet

La Colombie pourrait-elle avoir un secrétaire général de l’ONU? Santos et Duke, dans le hochet

0 comments 94 views

Publié le 2024-05-22 10:00:00. Le poste de secrétaire général des Nations Unies, l’un des plus convoités au monde, est au cœur d’une bataille pour sa succession. Dans un contexte de crise profonde pour l’organisation et un monde marqué par les conflits, la candidature latino-américaine prend une importance particulière, avec des noms tels que les anciens présidents colombiens Iván Duque et Juan Manuel Santos potentiellement en lice.

  • Le prochain secrétaire général des Nations Unies héritera d’une organisation en crise, confrontée à des défis mondiaux majeurs et à une remise en question de son efficacité.
  • La tradition diplomatique suggère que le tour de l’Amérique latine est arrivé, ouvrant la voie à plusieurs candidatures, dont celles de femmes influentes.
  • Les anciens présidents colombiens Iván Duque et Juan Manuel Santos pourraient figurer parmi les candidats, malgré les complexités politiques internes et un courant international favorable à une direction féminine.

Le poste de secrétaire général des Nations Unies a toujours été un objet de convoitise internationale, le processus de sélection étant souvent marqué par des pressions et des considérations géopolitiques. Cependant, l’élection à venir revêt une importance capitale, tant pour l’avenir de l’organisation que pour la stabilité d’une planète en proie à la guerre. Comme le souligne Andrés Ruges, vice-président du Conseil des relations internationales, « le prochain secrétaire général aura la position la plus difficile sur la planète. Et on pourrait presque dire que ce rôle sera la vie ou la mort pour l’avenir de l’ONU ».

Depuis sa création en 1945 pour prévenir de nouvelles dévastations comme la Seconde Guerre mondiale, l’ONU est jugée par beaucoup comme une institution défaillante. Loin de son image emblématique du pigeon blanc et du rameau d’olivier, elle fait aujourd’hui l’objet de critiques virulentes. Les discours tenus lors de la dernière assemblée générale, de Donald Trump à Gustavo Petro, ont remis en question sa mission fondamentale. Le président colombien Gustavo Petro a lui-même déclaré que les Nations Unies traversent une crise et nécessitent une transformation, estimant que l’organisation a commis des erreurs « d’enfance ».

Les défis auxquels sera confronté le futur dirigeant de l’ONU sont immenses. L’organisation est critiquée pour ses résultats mitigés face aux conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. La guerre à Gaza, en plus de sa tragédie humaine, divise le monde et met à l’épreuve la crédibilité de l’ONU. La lutte contre le changement climatique, autre cause majeure portée par l’organisation, connaît également des échecs, faute d’engagement suffisant des principaux acteurs comme la Chine et les États-Unis.

La situation financière de l’organisation est également préoccupante. Les États-Unis, principal contributeur (22% des ressources), sous l’administration Trump, avaient réduit leurs participations, mettant l’ONU dans une situation financière délicate. D’autres pays comme la France, le Royaume-Uni, l’Italie ou l’Allemagne contribuent à hauteur de 2 à 4%.

Dans ce contexte de transition profonde, marqué par des tensions et des conflits croissants, l’élection du nouveau secrétaire général revêt une importance cruciale. « L’élection du nouveau secrétaire général des Nations Unies est cruciale. Il doit faire face à un monde en transition en profondeur, aux tensions et conflits régionaux et mondiaux croissants, ainsi que des attaques contre l’efficacité du multilatéralisme », explique l’ancien chancelier colombien Guillermo Fernández de Soto.

Une particularité de cette élection est que, bien qu’il n’y ait pas de règle écrite, la tradition diplomatique suggère que le tour de l’Amérique latine est arrivé. Le continent n’a pas eu de représentant à ce poste depuis Javier Pérez de Cuéllar, qui fut secrétaire général de 1982 à 1991. Depuis, les postes ont été occupés par des personnalités d’Égypte, du Ghana, de Corée du Sud et du Portugal.

Dans la course pour la Colombie, les noms de Juan Manuel Santos et Iván Duque circulent. Bien qu’aucun des deux n’ait officiellement annoncé sa candidature, leur nom suscite de l’intérêt. Juan Manuel Santos, prix Nobel de la paix, a une expérience notable à la tête d’organisations internationales, présidant notamment l’organisation « Anciens » fondée par Nelson Mandela. Il est également membre du conseil d’administration de la Fondation Rockefeller.

Iván Duque, quant à lui, est pressenti pour intégrer un « Conseil de paix » qui pourrait être formé pour Gaza, potentiellement présidé par Donald Trump. Il est également membre de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL), où il contribue à un rapport sur l’avenir de la région. Sa fondation R&D et sa participation à Concordia l’ont également amené à traiter des enjeux mondiaux tels que la protection de l’Amazonie.

La viabilité des candidatures colombiennes se heurte cependant à des obstacles. Premièrement, leur nomination ne serait pas soutenue par le président Gustavo Petro, qui entretient des relations conflictuelles avec les deux anciens présidents. Ils devraient donc être proposés par un autre pays, ce qui pourrait s’avérer complexe en période de transition politique. Deuxièmement, un courant international milite pour qu’une femme accède à ce poste.

« Lors de la réunion sur le Pacte pour l’avenir à l’ONU, j’ai proposé qu’une femme soit le prochain secrétaire général de cette organisation », a d’ailleurs déclaré Juan Manuel Santos lui-même, en réponse aux rumeurs concernant ses propres ambitions. Ce courant en faveur d’une direction féminine est porté par plusieurs noms influents d’Amérique latine.

Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et ex-haute-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a été proposée par le président chilien Gabriel Boric. Son parcours est marqué par un engagement fort en faveur des droits humains et de l’égalité des sexes. « Jamais dans ses 80 ans d’histoire, l’organisation n’a eu une femme en tant que secrétaire général, et c’est quelque chose à remédier », a affirmé le président chilien.

D’autres personnalités féminines sont également évoquées. Mia Mottley, première femme à diriger la Barbade en 2018, bénéficie d’un soutien potentiel de la part des pays des Caraïbes et d’Afrique. Reconnue pour son leadership dans la lutte contre le changement climatique, elle représente un pays particulièrement vulnérable aux effets de ce phénomène. Rebeca Grynspan, ancienne ministre et vice-présidente du Costa Rica, et María Fernanda Espinosa, ancienne ministre des Affaires étrangères et de la Défense de l’Équateur, sont également citées.

Du côté des candidatures masculines, le nom de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) depuis 2019, est également mentionné.

Le processus de sélection, placé sous la supervision de l’Allemagne et de sa ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock, présidente de l’Assemblée générale, s’annonce complexe. « La sélection du prochain secrétaire général se fera au centre des années 80 », a indiqué Baerbock, soulignant que, bien que plusieurs mois nous séparent de l’élection finale, « de nombreuses lettres sont déjà lancées ».

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.